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Anti-capitalisme
par Camille (groupe La Sociale-FA) le 18 septembre 2017

Face à la violence

Elle est partout dans la bouche de nos dirigeants, de nos chefs, de nos patrons.
Aujourd’hui le chef de l’État nous traite de "fainéants", de "cyniques" et d’ "extrémistes" - depuis un pays, la Grèce, dévastée par le capitalisme et les diktats de l’UE (1). Hier, il nous voyait comme des "rien". Avant-hier, il se gaussait de nos frusques et tortillait du séant dans ses costards bien coupés. Et demain ?
Les mal élevés, les destructeurs, les bons à rien, c’est eux ! Ils ont dévasté par la guerre ou ruiné économiquement des pays innombrables. Ils siphonnent toutes les richesses que nous produisons. A peine se met-on au boulot qu’ils recherchent de nouvelles sources de profit en nous l’ôtant, en nous faisant marner davantage.
Des milliards de capitaux qui ne trouvent plus à s’investir dans la production... Ils ne savent plus comment dépenser leur pognon et n’aspirent pourtant qu’à en "faire" davantage en gonflant toujours plus la bulle financière et spéculative. Alors, forcément y’a plus rien à produire ou alors à des conditions de profitabilité qui nécessitent la pulvérisation de tous nos acquis. Une avancée du capital se fait toujours au détriment du travail. Alors, quand le capital devient obèse... Profits et salaires, le béaba !





Plus une tôle d’acier produite en France. Une désindustrialisation qui s’accélère. Des qualifications qui disparaissent. Un délitement de tout.
Ils ne détruisent peut-être pas par pur plaisir mais aucun doute qu’ils le feront encore davantage, puisque c’est la condition pour assurer leur profit. En effet, ils ne sont pas devenus "méchants" d’un seul coup, par tocade. Ils n’ont pas le choix. La nécessité du capital fait loi. La destruction du code du travail ne peut se comprendre autrement. Et conséquemment la violence, réelle et symbolique, dont ils font preuve.
Bref, à l’échelle de la farandole de l’Histoire, c’est pas la chenille qui redémarre, c’est la crise de sur-accumulation du capitalisme qui se déploie, étouffante, mortifère.
En attendant, la réalité, c’est qu’on est "emploi aidé" parce qu’ils ont supprimé les vrais boulots. Là, on a plus rien. Pas même un "vrai" salaire. Licenciement de masse.
Moi, je ne veux pas être auto-entrepreneur à vendre mes services ("trouve un client") sur un tucktuck. Remarquez, avec le réchauffement climatique, je pourrais dormir dessus, comme ça le problème du logement sera réglé. Je ne suis pas un coolie avec le logo d’une multinationale collé sur mon Tshirt. Je ne suis pas un moujik. Je ne suis pas un serf. Je ne suis pas un "prestataire". Mes bras ne sont pas à louer, ni mon cerveau. Je suis un travailleur. Qui sait faire des trucs, d’autres moins. Sans parler de ceux que je rêverais de faire. Et qui tous ne sont pas forcément du "travail".
Je suis un travailleur. Pour moi, le vélo et le tandem, ça rime plutôt avec les congés payés, pas avec l’uberisation généralisée. Et la r’traite, c’est du salaire différé, en partie socialisé. Et la sécu, "elle est à nous !". Et tout ça.
Leur violence, elle est immonde quand, étudiants ou précaires, ils nous chicorent cinq euros sur les APL. "Vous pouvez faire cet effort, c’est juste pour assurer que les vieux et les plus nécessiteux auront leurs prestations", nous assure cette députée "En Marche" sur une grande chaîne de TV. Elle aurait mieux fait de rester assise.
Cinq euros, c’est sans parler de l’effet de seuil pour ceux qui percevaient 20 euros et qui percevront plus rien. Et 12 fois 5 font 60. Que fera celui qui a une passion artistique, sportive ou autre, qui nécessite un budget incompressible de 120 euros annuels ? Il s’auto-flagellera ? Ah, si les privilèges commencent à 120 euros annuels, on n’en a pas fini de partager la misère !
Les journalistes qui commentent la geste de ces tristes personnages, beaucoup, ils sont couchés, apprivoisés. Pas tous. Ils sont des travailleurs aussi. En attendant, ceux de la presse sociale n’ont pas moufté quand E. Philippe leur a intimé l’ordre de valoriser les "transformations". A défaut ça risque d’être plus "cruel" (ou un mot approchant), a-t-il avancé. C’était hors du texte remis par ses services, mais cette violence a été exprimée.
Il y a aussi tous ces bat d’la goule agressifs, éditorialistes nervis qui semblent se retenir de balancer une calotte à ce syndicaliste combatif ou à cet esprit critique. Écouter ça à l’heure d’aller au chagrin, on a du mérite à y aller. Ou alors on est inconscients, sous influence.
La violence, encore, elle est inouïe dans la bouche de ce politicien qui veut conditionner le versement des minima sociaux à la réalisation d’un travail d’intérêt général - oui, un TIG -, qui est encore dans le code pénal une peine de substitution à la prison.
Travail précaire d’un côté, travail forcé de l’autre, voilà l’avenir qu’ils nous réservent. On se ferait du mouron pour moins que ça, non ?
La violence, elle est dans chaque inflexion de voix de tous ces ripolinés, claque-dents-communicants qui savent pas comment nous dire qu’ils veulent exploser la sécu, les retraites, les statuts, les droits et les garanties, les conventions, les qualifications, l’école, la recherche et le savoir.
On est maltraités. Et y’en a marre de numéroter nos abattis. Mais ils ne parviendront pas à nous terroriser. Nos forces sont encore relativement intactes.
Alors, face à la violence, la symbolique comme la physique, il nous faut construire la seule humanité qui vaille, celle qui lutte, celle qui se prépare à lutter. Et donc nous organiser pour la lutte et, déjà, dans la lutte.
On va faire que nos syndicats de base, les sections à créer, les fédérations, les UD, la confédération, (re)deviennent les outils de notre lutte. Dans le respect des mandats et la clarté des revendications. A cela pourront s’ajouter tous les collectifs et groupements qu’on voudra. C’est la seule alternative agissante face à la barbarie qui monte. C’est celle qu’il nous faut repenser, reconstruire, faire converger. Retour à la charte d’Amiens, vite ! Pénétrons-nous de cette géniale synthèse du mouvement ouvrier organisé qui dispose en son cœur l’affirmation que "le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera, dans l’avenir, le groupe de production et de répartition, base de réorganisation sociale". Tout est dit.
Pour les anarcho-syndicalistes, en effet, il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais de "débouché politique" qui ne se termine en couac et en défaite. Toujours, la "victoire" de la "gauche" a correspondu à un recul du socialisme. On égrène les exemples et jusqu’aux catastrophes ?
Alors, y’a plus à tourner autour du pot. Organisons et construisons la grève générale expropriatrice et gestionnaire contre toutes les attaques, pour la reconquête de tous nos droits, pour "des droits dignes du XXIème siècle" - comme dit mon copain Raymond de la CGT -, contre la guerre, pour l’abolition du patronat et du salariat. Pour la paix. Pour les communes partout. Pour la fédération universelle des travailleurs et des peuples.
Du travail, il y en a pour abolir le capitalisme !
PAR : Camille (groupe La Sociale-FA)
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1

le 9 octobre 2017 17:57:41 par Romain

Très bon texte, la puissance lyrique, le choc de la réalité. Le goût de la rage.