n°1620 (27 janvier-2 février 2011) | Antifascisme

Pour créer un lien vers cet article sur votre site,
copier et coller le texte ci-dessous dans votre page.
Aperçu :
Pour créer un lien vers cet article sur votre site,
copier et coller le texte ci-dessous dans votre page.
Aperçu :
Fascisme sournois : la petite phrase passée inaperçue de Marine Le Pen
Marine Le Pen soutiendrait-elle la lutte des femmes, et des lesbiennes, gays, trans et bisexuelles ?
Les associations représentant ces derniers ne sont pas dupes et ce sentiment est également partagé par Éric Fassin, sociologue à l’École normale supérieure qui souligne que, si jusqu’à présent pour le FN, le « Français de souche » était blanc, il est également doté aujourd’hui d’une « blanchité sexuelle » (ou « blanchitude », dirait Ségolène Royal ?). Cette analyse est partagée par le sociologue néerlandais Paul Schnabel, qui explique que « si Geert Wilders 1 fait preuve aux Pays-Bas d’une islamophobie virulente qui nourrit son discours anti-immigrés, il ne saurait être qualifié d’extrême droite, car, il n’est ni homophobe, ni sexiste, ni antisémite ». Toujours pour Geer Wilders, « il devient ainsi le digne successeur de Pim Fortuyn 2, dont l’homosexualité flamboyante fondait la xénophobie sur le rejet des imams, au motif que ceux-ci entravaient son goût pour les garçons marocains » ! Mais, revenons en France. Le danger d’un tel amalgame est qu’il est censé apporter une touche de modernité dans le discours de préférence nationale, cher au F Haine et à Hortefeux. Cette nouvelle notion de « blanchité sexuelle », appelons-la ainsi par commodité, vient en rajouter une couche et trace une frontière racialisée entre « les autres » et « nous ». Dans ce schéma, nous, les « Blancs », traiterions bien les femmes, les Juifs, les homosexuels, à l’inverse des « autres ». D’ailleurs Sarkozy n’avait pas manqué de souligner en 2007, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, que « chez nous, les femmes sont libres, libres de se marier, de divorcer et même d’avorter ». Aujourd’hui donc, la droite et l’extrême droite sont en phase pour dénoncer la polygamie (qui creuse le trou de la sécu), le niqab et les mariages forcés, mais ce discours hypocrite ne relève-t-il pas tout simplement d’une islamophobie relayée par de sombres personnages comme Donnadieu, l’ami de la famille Le Pen ? On veut nous faire croire que le F Haine nouveau va se transformer en partie proféministe, gay-friendly ? Pour le vérifier, il suffira d’assister à la prochaine marche pour la vie, le 23 janvier, organisée par les cathos intégristes et leurs amis d’extrême droite, et de regarder leurs pancartes racistes, sexistes et anti-IVG pour en avoir le cœur net !
1. Parlementaire néerlandais, fondateur du PVV (Partij voor de Vrijheid – Parti pour la liberté), parti d’extrême droite. (Ndlr.)
2. Politicien néerlandais d’extrême droite. Ces deux leaders, et leurs formations politiques, se démarquent des partis de l’extrême droite classique en ce qu’ils ne revendiquent ni antisémitisme, ni rejet des sexualités autres, ne défendant pas une vision « catholique » de la famille. Etc. Cependant, xénophobie, populisme, nationalisme et autres attributs habituels de ce courant idéologique les font relever de ce conglomérat doctrinal qu’est l’extrême droite. (Ndlr.)
-
Plus d'infos sur ce numéro
Antifascisme



Ajouter un Commentaire