Lundi, 1 Septembre 2014

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n°1571 (5-11 novembre 2009) | Antisexisme Ajouter aux favoris Créer un PDF Recommander Imprimer

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Aperçu :

Raz de marée anti-IVG en Europe

Dans toute l’Europe, les anti-IVG, soutenus par l’église catholique, remettent en cause la légalité de l’avortement, tandis que les États se désengagent (ce qui n’est pas pour étonner les anarchistes…) et que le droit des femmes à disposer de leur corps s’amenuise un peu partout.
En Espagne, les « pro-vie » ont lancé depuis un an une campagne sur le thème « On défend les espèces en voie de disparition, mais qui défend les bébés ? ». C’est derrière ce slogan ridicule et provocateur que la mouvance anti-IVG a défilé dans Madrid la semaine dernière, contre le projet de loi du gouvernement socialiste de libéraliser l’IVG jusqu’à quatorze semaines. Loi qui permettrait à certaines mineures de passer outre l’autorisation parentale.
Actuellement, en Espagne, l’avortement n’est autorisé qu’en cas de viol, de malformation du fœtus, de risques physiques et de troubles psychiques pour la mère. Une alternative que les femmes ne se privent pas d’exploiter pour recourir à l’acte. Mais, les pro-vie sont soutenus par l’église espagnole et le Parti populaire d’extrême droite. Ces dernières années, l’Espagne n’a pas été la seule cible des anti-IVG (le référendum qui a eu lieu au Portugal sur le sujet a également été plombé par les lobbies catholiques et d’extrême droite).
Les militants pro-vie répandent leurs idées rétrogrades dans les institutions européennes et internationales, tandis que le droit des femmes recule ou stagne dans beaucoup de pays européens. Ainsi, lors de la ratification par l’Irlande du traité de Lisbonne, l’Union européenne s’est une fois de plus engagée à ne pas s’ingérer dans les politiques nationales, notamment en matière d’avortement et de contraception. Une manière discrète d’ouvrir grande la porte aux catholiques du mouvement COIR, connus comme anti-IVG notoires, les confortant dans leur obsession du droit à la vie en échange de leurs voix !
À Chypre et Malte, l’IVG est interdite. Malte ayant carrément exigé, pour sa part, lors de son entrée dans l’UE, que celle-ci n’interfère pas dans sa législation. Dont acte ! En Pologne, la réaction et l’intégrisme catholique ont réussi à venir à bout de l’IVG, qui était pourtant légal depuis… 1956 ! Aujourd’hui, il n’est plus autorisé qu’en cas de viol, d’inceste ou d’anomalie du fœtus. Dernièrement, une Polonaise est presque devenue aveugle lors de son troisième accouchement, les médecins refusant avec un acharnement – tout sauf thérapeutique – de reconnaître les dangers que lui faisait courir sa maladie oculaire. Le malheur des unes faisant le bonheur des autres : les cabinets privés de gynécologues pratiquant l’IVG font florès, tandis que les prix flambent : un avortement revient aujourd’hui à un mois de salaire…
Et voici revenu le temps de l’avortement clandestin. De plus, les gouvernements, sous prétexte de crise financière, bloquent les crédits pour l’éducation sexuelle, tandis que la contraception est marginale dans les pays de l’Est. En France, il n’y a pas de quoi se réjouir, car si le gouvernement garde un silence de principe sur la loi Veil, les centres du planning familial ferment les uns après les autres, tandis que les hôpitaux pratiquant l’IVG se réduisent comme peau de chagrin. Un avortement revient aujourd’hui en moyenne à 500 euros non remboursés, en cas d’avortement à domicile accompagné, quand il l’est !

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