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Nessma, Libyenne, lesbienne et violée
En Lybie, l’homosexualité masculine et féminine est passible de trois à cinq ans d’emprisonnement. Une fois connue son orientation sexuelle, Nessma a été arrêtée, violée à plusieurs reprises par un fonctionnaire puis remise entre les mains de sa famille qui a cherché à la marier de force. Elle dispose de plusieurs documents émanant de la police libyenne qui prouvent son arrestation et sa rétention pour motif d’homosexualité.
Après une escale de quelques heures en Italie, Nessma est arrivée en France avec un visa Schengen. Elle s’est rendue immédiatement à la préfecture de Moselle pour y déposer une demande d’asile. Celle-ci lui a été refusée en vertu de la réglementation européenne qui stipule que sa demande doit être instruite par le pays européen qui lui a délivré le visa, en l’occurrence l’Italie. Or de nombreux rapports émanant d’ONG (FIDH, Migreurop, etc.) et du Haut-Commissariat aux réfugiés (ONU) dénonce la situation catastrophique des demandeurs d’asile en Italie depuis la signature d’un accord de réadmission avec la Libye.
La vie de Nessma est entre les mains du préfet de Moselle qui peut suspendre la procédure de réadmission et autoriser Nessma à déposer une demande d’asile en France.
Pierre Kauffmann
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