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Sur le flanc : de quelques questions existentielles, ou non...
On reste, nous aussi, consternés en imaginant la déception de ces révolutionnaires tunisiens, hier émasculés par le sabre des clans maffieux des Ben Ali, et aujourd’hui déjà menacés de viol sodomite par le goupillon des agenouillardistes locaux. S’ils commencent à tomber à quatre pattes devant leur improbable dieu, on est en droit de se demander combien de temps leur faudra-t-il pour qu’ils tombent, à bras raccourcis, sur les femmes peu voilées et les « démocrates » impies ?
Devant des résultats aussi décevants à nos yeux, en cette époque où il est de bon ton d’afficher des certitudes, qu’il me soit ici permis d’avouer une profonde perplexité.
La liberté de culte serait donc le comble de la liberté démocratique pour 42 % des Tunisiens ? Serait-ce le prix à payer pour réparer la politique anti-islamiste de Ben Ali ou les pas de clerc de Khadafi vis-à-vis des barbus ?
Doit-on, comme d’aucuns, y voir une raison de plus de pleurer, non sur la nature mais sur le comportement humain ? Peut-on se rassurer en pensant que les révolutions n’annoncent jamais la couleur, ne préviennent pas, que leurs gestations, puis leurs issues, sont difficilement prévisibles ?
Aurions-nous sous-estimé la force des habitudes culturelles, des éducations familiales formatées par des siècles de patriarcat, de domination masculine et d’aberrantes superstitions, ou devons-nous évoquer ces routines néfastes du cerveau des homo sapiens, ces « mèmes », chers à Richard Dawkins, éternels chausse-pieds à la superstition religieuse ?
Faut-il enfin incriminer notre fâcheuse propension à l' « européanocentrisme » qui fait qu’on ne comprend rien au Proche- orient ? Ou mettre en cause de sombres calculs géostratégiques des grandes puissances, la partialité et la désinformation des médias, le paternalisme, l’islamophobie et les tristes relents colonialistes des gouvernants des pays riches (dont Charlie Hebdo semble avoir fait les frais récemment).
Sans doute y a-t-il eu et y aura-t-il de tout cela, et plus encore. L’ami Mohamed Elkhébir, familier de ces colonnes, nous éclairera peut-être.
Quoiqu’il en advienne des printemps à venir, quelque chose nous souffle d’espérer beaucoup dans le patient acharnement des femmes en révolte – au Proche orient, comme dans le reste du monde – face au sort humiliant qui leur est assigné.
Titata
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