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n°1345 (5-11 févr. 2004) | Cultures Ajouter aux favoris Créer un PDF Recommander Imprimer

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Aperçu :

La Compagnie du Théâtre K présente Broutchoux

« Et marchons sur la tête des rois ! »

Broutchoux était un tantinet facétieux. Après la catastrophe de Courrières, il trouvait les patrons sacrements gonflés, les actionnaires cupides, les politiques un peu bandits. Au lieu de négocier, et négocier et renégocier, il ne négocia plus et pratiqua avec son syndicat l'action directe. Il s'ensuivit des années de luttes et de nombreux mois de prison (un comble pour un syndicaliste, mais c'est une histoire vieille d'un siècle et les choses ont dû certainement changer). C'est ce que ce spectacle raconte.

Le 11 et 12 mars 2004 : Théâtre de Grenay, Culture Commune. Le 16 mars 2004 : la Piscine, Dunkerque (59). Du 17 au 20 mars 2004 : La Verrière, Lille (59). Le 24 avril 2004 : Centre culturel Epidaure à Bouloire (72). Le 30 avril, 1, 3 et 4 mai 2004 : théâtre d'Arras (62). Le 14 mai 2004 : théâtre du Square, Loos (59). Le 15 mai 2004 : Hellemmes (59). D'autres dates sont en cours de négociation.

C'est un spectacle coproduit par Culture commune, Scène nationale du bassin minier du Pas-de-Calais, associée à la Ville de Lens. Durée du spectacle : 1 h 15. Un acteur et un musicien racontent une histoire vieille d'un siècle, sans didactisme, avec humour, ironie et passion. La catastrophe minière de Courrières fit 1 200 victimes, de 13 à 60 ans. On ne parlait pas encore de la France d'en bas. Celle de ce récit était à 300 mètres sous terre. De ce malheur émergea un homme, un anarchosyndicaliste. Benoît Broutchoux s'opposa par la radicalité et l'action directe à un système politique et économique qui s'est aujourd'hui manifestement installé, en toute quiétude.

Une première version de ce spectacle a été donnée il y a cinq ans. Des anecdotes ponctuèrent la tournée : dates annulées de peur d'un rassemblement anarchiste, salle se levant en fin de spectacle et chantant l'Internationale, un conseiller municipal catholique et saoul commentant à haute voix pendant la représentation, et des rencontres aussi ; des vieux soixante-huitards déboussolés, d'apathiques fils et petit-fils de mineurs, des ouvriers, un vieil anarchiste espagnol, des politiques aussi.

Le texte est publié (Gérald Dumont, Broutchoux [ ... et marchons sur la tête des rois ! ]), suivi de quelques données historiques par Pierre Outteryck, éditions Geai bleu, 88 p., 9 euros.

C'est un spectacle de théâtre, à part entière, où le jeu, la mise en scène, la musique et le rythme entraînent le spectateur dans un demi-siècle d'histoire contemporaine. La scénographie et l'énergie qui se dégagent de ce spectacle sont fortement inspirées de la scène rock. La musique « live » y est omniprésente, puisant ses inspirations dans les valses du début du siècle aux musiques samplées actuelles.

Par ce spectacle, la compagnie du Théâtre K poursuit ses recherches sur un théâtre qui se veut populaire, libre d'action et de parole, en gardant toujours cet univers qui lui est si particulier, alliant un esthétisme décalé, une mise en scène toujours rapide et incisive et un univers sonore omniprésent. Des projections 16 millimètres ponctuent le spectacle, en un mélange d'images d'archives détournées et de reconstitutions.

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