Le mouvement de lutte des chômeurs porte deux types de revendications : de vrais emplois, d'une part, et, d'autre part, l'augmentation des minima sociaux. S'ils peuvent apparaître aujourd'hui comme complémentaires, ils s'inscrivent néanmoins dans deux logiques basées sur des perspectives contradictoires.
La première logique se fixe comme objectif le retour au contexte salarial des «trente glorieuses» : plein emploi et disparition de la précarité. La deuxième logique découle de l'abandon de la première. En France et ailleurs, une population de plus en plus nombreuse ne pouvant accéder au travail, la société devrait se fixer l'objectif de procurer à...