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n°1630 (7-13 avril 2011) | Autogestion Ajouter aux favoris Créer un PDF Recommander Imprimer

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Aperçu :

La Commune de Paris et les anarchistes

De multiples organisations politiques ou humanitaires s’apprêtent à commémorer la Commune de Paris. Ces soixante-douze journées marquèrent la fin d’une époque qui fut celle des insurrections de caractère sentimental où la justice, le droit et la liberté eurent une part prépondérante et en verront naître une autre qui se voudra économique, rationnelle, scientifique.
Et même si, avant la Commune, Proudhon et Marx avaient déjà jeté les bases du mouvement révolutionnaire moderne, même si les réflexes sentimentaux et romanesques n’ont pas complètement disparu de nos jours, on peut prétendre que, née d’une liesse quarante-huitarde que dominèrent le tumulte, le débraillé et la barricade, la Commune s’achèvera dans une tentative d’organisation rationnelle de la société et par une tuerie qui serait la préface aux affrontements révolutionnaires modernes.

On connaît mal la Commune
Les hommes qui se réclament d’elle se bornent à populariser ceux de ses aspects qui coïncident avec leurs intérêts ou leur préoccupation politique du moment. Trop souvent, on prétend y voir l’aboutissement de desseins longuement médités, de réflexions théoriques mûries. Ce n’est pas vrai ! Et il n’est pas souhaitable que les anarchistes emboîtent le pas à des partis politiques qui se livrent à une démagogie effrénée et qui prétendent l’accaparer, car, en dehors de quelques avantages momentanés qu’une telle attitude procure, on risque d’ignorer les grandes leçons qui se dégagent de la Commune et qui justement tiennent à son caractère hybride, aux improvisations parfois géniales auxquelles il fallut recourir pour organiser la grande ville, aux ajustements parfois laborieux de théories contradictoires, alors que naît une économie nouvelle qui bouleversera la société romantique.
Et justement sur un palier différent, bien entendu, les classifications politiques et idéologiques comme les mutations économiques de notre époque sont similaires à celles qui secouèrent la fin du Second Empire. Nous vivons, comme les communards, une époque charnière, et plutôt que de ramener à soi ce qui appartient au passé, il est préférable de l’examiner objectivement afin d’en tirer les leçons profitables pour notre mouvement anarchiste.
L’insurrection du 18 mars est née en marge des organisations révolutionnaires, même si certains militants ouvriers y participent. Les blanquistes sont désorganisés par l’emprisonnement de leurs chefs. Les hommes de l’Internationale restent dans l’expectative. Seul ce qui reste du jacobinisme quarante-huitard sera mêlé à travers le Comité central à l’insurrection. C’est son esprit qui anime la Garde nationale. Les manifestations périodiques qui, depuis la chute de l’Empire, se succèdent et qui ont décapité le mouvement ouvrier et révolutionnaire ont donné aux Jacobins l’occasion d’une revanche contre cette bourgeoisie, libérale qui, après avoir été au pouvoir sous Louis-Philippe, pendant la iie République et sous le Second Empire, s’apprête à confisquer la République.
Derrière Félix Pyat, Delescluze, Flourens et quelques autres, ils livrent une lutte sans merci à la République des Jules : Jules Simon, Jules Ferry, Jules Favre, etc.
Au cours de ces journées de mars décisives, qui précèdent l’insurrection, la Garde nationale a pris conscience de sa force, deux proclamations ont donné sa mesure : la première déclare : « La Garde nationale ne reconnaît pour chefs que ses élus. » la seconde : « La Garde nationale proteste contre toute tentative de désarmement et déclare qu’elle y résistera au besoin par les armes. »
L’instrument est en place. Pourtant l’émeute viendra de la rue.
Louise Michel nous a laissé un vivant récit de ces heures tragiques. Thiers a décidé de faire enlever les canons entreposés à Montmartre. L’alarme est donnée. Le comité de vigilance se réunit, mais écoutons la bonne Louise :
« Dans l’aube qui se levait on entendait le tocsin ; nous montions au pas de charge, sachant qu’au sommet il y avait une armée rangée en bataille. Nous pensions mourir pour la liberté. On était comme soulevés de terre. Nous morts, Paris se fût levé. Les foules à certaines heures sont l’avant-garde de l’océan humain.
La Butte était enveloppée d’une lumière blanche, une aube splendide de délivrance. La troupe fraternise avec le peuple, l’insurrection gagne Paris quartier par quartier, surprenant à la fois le gouvernement et le Comité central. Ce n’est que le soir que les membres du Comité central se décideront à passer à l’attaque et à occuper toute la ville alors que Thiers et le gouvernement fuient vers Versailles. »
Ces hommes, qui vont s’emparer de la ville, viennent de tous les horizons. Ils appartiennent à la petite bourgeoisie, à l’artisanat, au monde ouvrier alors à sa naissance. On ne trouve pas encore de militant ouvrier connu parmi eux en dehors de Varlin et de Pindy et quelques blanquistes, tels Ranvier, Brunel ou Eudes. Les grands noms sont soit en prison, soit en fuite, soit dans l’expectative. Le soir du 18 mars, le Comité central de la Garde nationale, qui a chassé l’État et s’est emparé du pouvoir, prendra le chemin de l’Hôtel de Ville qui est le chemin traditionnel où les révolutions de Paris trouvent leur consécration.

Les causes de la Commune de Paris
Cette journée de mars fut une journée réussie parmi d’autres qui ont auparavant échoué sans qu’on puisse bien clairement en expliquer les raisons, tant leur mécanisme fut le même avec leur part d’improvisation tardive, de préparation sérieuse et de chance. Mais, par contre, les causes de ce climat d’insurrection existaient en permanence depuis le coup d’État. La guerre, la défaite et le siège leur avaient conféré un caractère encore plus aigu.
Mais quelles sont donc les causes profondes de ce climat qui, à partir du 4 septembre 1870, jour où fut proclamée la déchéance de l’Empire et l’avènement de la iiie République, suscita de nombreuses insurrections dont celle de mars fut le couronnement « heureux » ?
On peut, parmi d’autres, définir trois causes qui, d’ailleurs, coïncideront avec les trois grandes tendances politiques de la Commune : le patriotisme, le fédéralisme, le socialisme, et, s’il est vrai qu’en gros cela correspondait à des tendances du jacobinisme, du blanquisme et du proudhonisme, on aurait tort de croire que chez chacun des participants ces tendances seront nettement tranchées ; et c’est Lefrançais, qui appartient à l’Internationale, et qui, après la Commune, entretiendra des relations suivies avec l’Internationale anti-autoritaire de Saint-Imier qui nous apprend :
– Le dégoût et l’indignation, produits par l’ignoble conduite de la prétendue « défense nationale » durant le premier siège de Paris, furent certainement la principale cause de la Commune. Et il n’y a rien d’étonnant pour tous ceux qui se refusent à voir la Commune avec d’autres yeux que ceux de l’époque. L’esprit de la première Révolution française est encore puissant parmi le peuple parisien qui a un goût prononcé pour porter chez les autres la liberté à la pointe des baïonnettes.
Le pacifisme révolutionnaire amorcé par Proudhon dans un discours retentissant à l’Assemblée nationale, en quarante-huit, pour s’opposer à l’expédition de Pologne et la magnifique adresse de la section française de l’Internationale aux peuples en guerre n’ont pas encore pénétré profondément le petit peuple cocardier et chauvin, et le faubourg, qui vit son rêve des victoires de 93, pousse d’abord à la guerre puis à la résistance. Jules Vallès nous raconte dans L’Insurgé comment il sera comique victime de cet état d’esprit.
– Le deuxième facteur, une des causes principales de la Commune fut l’esprit fédéraliste communaliste, si l’on veut. Les autres, nous dit Eugène Pottier, voulaient que Paris nommant les municipalités, fût en possession de lui-même comme le sont les grandes villes des États-Unis.
Mais deux autres sentiments puissants vont pousser le peuple de Paris vers le fédéralisme.
Le premier, c’est le climat suscité par le siège, où, isolés du pays et du gouvernement qui prépare la capitulation, les Parisiens ont pris l’habitude de se considérer comme seuls à faire face à tous les problèmes que leur posait la lutte. Ce qui se traduira par une organisation administrative des arrondissements et la création de la Garde nationale. Enfin, le second, c’est l’esprit même du mouvement ouvrier interprété par la section française de l’Internationale et qui est dominé par les théories économiques de Proudhon.
– La troisième cause de la Commune c’est, nous dit Félix Pyat, un autre acteur de ce drame : la révolte prolétaire contre le capital, et, là encore, si les internationalistes armés par leur congrès paraissent les représentants les plus qualifiés des travailleurs et si ce sont eux qui, effectivement, prendront en main l’organisation économique, laissant aux Jacobins la défense et aux blanquistes la police intérieure, le miracle de la lutte au coude à coude, qui ne rapprochera jamais tout à fait les trois courants et qui donnera naissance à un homme révolutionnaire nouveau pour qui le fédéralisme sera l’élément de base.
Proudhon et Blanqui
Il est vrai que les hommes qui vont faire la Commune venaient d’horizons différents. Il est vrai que les causes de la Commune furent multiples. Il est vrai qu’à côté de militants chevronnés et connus, les élections enverront siéger sur ses bancs des inconnus et que, par conséquent le caractère créateur des refus et des choix spontanés joua un rôle important et pas toujours heureux, d’ailleurs.
Mais sitôt après les élections, lorsqu’il fut alors indispensable de construire et de se défendre, c’est l’esprit de deux grands absents qui va dominer la Commune : celui de Proudhon, mort en 1865, celui Blanqui emprisonné au fort du Hâ.
Ce sont des hommes comme Jourde, Varlin, Theisz, Lefrançais, Langevin, Benoît Malon qui vont faire vivre et organiser la ville, et, il faut lire et chaque révolutionnaire devrait lire dans le Journal officiel de la Commune ces séances de travail laborieuses où le sérieux a pris la place des fiestas romantiques.
Il faut lire l’affiche placardée par l’Internationale où, après avoir affirmé : « L’indépendance de la Commune est le gage d’un contrat dont les clauses librement débattues feront cesser l’antagonisme des classes et assureront l’égalité sociale », définissait un programme d’action où l’on sent à chaque instant la présence de Proudhon.
La commission militaire, par contre, où siégera seulement un internationaliste proudhonien, sera composée de Jacobins et de blanquistes : Flourens, Bergeret, Anvier, Eudes, Duval, etc. Et lorsque la situation militaire s’aggravera, le fossé se creusera entre les deux dominantes de la Commune pour éclater lors de la création d’un Comité de Salut public, réminiscence des grandes heures de quatre-vingt-treize.
Les Jacobins et les blanquistes l’emporteront et les internationalistes de tendance anarchiste se retireront. Au cours de la séance orageuse, le blanquiste Pyat et l’internationaliste Benoît Malon s’opposeront violemment et la polémique se continuera à travers Le Cri du Peuple de Jules Vallès et Le Vengeur d’Eudes.
La proclamation de la minorité contre la constitution d’un Comité de Salut public restera éternellement vraie pour les anarchistes.
« Considérant que l’institution d’un Comité de Salut de public aura pour effet essentiel de créer un pouvoir dictatorial qui n’ajoutera aucune force à la Commune, attendu que cette institution serait en opposition formelle avec les aspirations politiques de la masse électorale dont la Commune est la représentation, attendu en conséquence que la création de toute dictature par la Commune serait de la part de celle-ci une véritable usurpation de la souveraineté du peuple, nous votons contre ! Andrieu, Langevin, Odtyn, Vermorel, V. Clement, Theisz, Serraillier, Avrial, Malon, Lefrançais, Courbet, Girardin, Clémence, Arnoult, Beslay, Vallès, Jourde, Varlin. »
Nous retrouverons au bas de ce texte le nom de tous les internationalistes, excepté celui de Frankel qui est le seul marxiste et qui se joindra aux blanquistes et aux Jacobins, et il suffit de regarder les noms des hommes qui formeront le Comité de Salut public pour constater qu’à travers les épreuves de la Commune sont nées les deux expressions différentes du socialisme qui vont marquer le mouvement ouvrier moderne. Parmi ces noms on retrouve ceux de Ferré, de Frankel, de Pyat, de Delescluze, d’Eudes, de Billioray, de Dupont, de Rigault, de Ranvier, de Vaillant.

Les anarchistes et la Commune de Paris
Même si leur contenu actuel est notoirement différent de ce qu’il fut alors, on peut dire que la Commune de Paris a marqué l’anarchisme, le socialisme révolutionnaire et le syndicalisme alors à leurs débuts. Seul le jacobinisme ne tirera aucun profit de l’aventure sanglante de ces dix semaines. Trop des siens se trouvaient sous le visage de conciliateurs dans le camp des Versaillais, et loin d’être vivifié par la grande aventure révolutionnaire, il sombrera dans un parlementarisme abêtissant avant de devenir le parti radical, père nourricier de toutes les combines équivoques.
Le marxisme, lui, n’aura aucune influence sur la Commune.
Marx, qui méprise les ouvriers parisiens et spécialement les membres de l’Internationale, les a pendant la guerre abreuvés d’insultes et s’est réjoui de la victoire du militarisme allemand. Certes, après l’écrasement, il s’apercevra de la popularité de la révolution parisienne et il se rattrapera dans un livre : La Guerre civile en France, probablement le meilleur de ses ouvrages où il justifiera la Commune et les internationalistes, pas pour longtemps d’ailleurs, car le naturel reprenant le dessus il tonnera contre son gendre Charles Longuet, un communard, qu’il accusera d’être resté un proudhonien impénitent. Il est vrai qu’il fera à son autre gendre, Lafargue, un autre reproche : celui d’être resté un blanquiste. Proudhon a donné au mouvement anarchiste une doctrine économique. Les hommes de l’Internationale feront passer cette doctrine dans des réalités concrètes. Bakounine avait marqué l’Internationale qui avait ajusté l’économie proudhonienne sur les méthodes de lutte de classe. Cependant, il n’aura guère d’influence sur le déroulement des événements, excepté en province et plus spécialement à Lyon, et paradoxalement c’est plus tard que les effets de la Commune se feront sentir au sein du communisme libertaire.
Mais dans les luttes qui précéderont la Commune, comme pendant les journées révolutionnaires, des hommes comme Élisée et Élie Reclus, comme Paul Robin, des femmes comme Louise Michel, comme Andrée Léo feront leur apprentissage et seront à la base du renouveau de l’anarchie quelques années plus tard. Les hommes de la Commune sentent confusément la vérité, leur vérité, qui se révèle en eux.
Après la Semaine sanglante, en exil à Londres, à Bruxelles, à Genève, ils vont réfléchir, analyser ce que furent les moyens et les buts de la Commune de Paris. Et c’est de ces réflexions que sortira le grand schisme de l’Internationale à La Haye et, extraordinaire coïncidence, l’éclatement de la Première Internationale suivra étrangement la courbe de celui de la Commune et les hommes qui avaient refusé le Comité de Salut public rejetteront Marx et rejoindront la Fédération jurassienne pour former l’Internationale anti-autoritaire.
Il suffit de rappeler ici certains noms pour voir toute l’importance de la Commune et de la section française de l’Internationale dans la formation du mouvement anarchiste moderne. Je cite au hasard : Séraillier, B. Malon, Lefrançais, Jourde, Avrial, Courbet, Pindy, Vesinier, Vermorel, auxquels viendront s’ajouter : Guillaume, Kropotkine, Louise Michel, Paul Robin, Élisée Reclus, Malatesta et beaucoup d’autres. Les internationalistes qui firent la Commune furent proudhoniens.
Après la Commune, sous l’influence de Bakounine, ils fonderont la Première Internationale anarcho-syndicaliste d’où sortira le mouvement anarchiste moderne.
La Commune dans l’histoire
Il est délicat de porter un jugement sur la Commune, encore que ce soit avec les dates et les grands hommes le travail « important des historiens ». De toute façon, on ne peut pas détacher la Commune de son contexte politique et social dont j’ai essayé de mettre en relief quelques aspects importants pour les anarchistes.
Disons que ce qui domine la Commune de Paris comme, d’ailleurs, le mouvement ouvrier révolutionnaire de cette moitié de siècle, c’est la confusion et la naïveté. La confusion est due à ce brassage économique profond qui, en marge des luttes politiques, bouleverse l’économie et s’apprête à créer un homme différent à travers un clivage entre des classes nouvelles. Le patriotisme, le socialisme utopique, le chartisme, le syndicalisme, l’anarchisme à travers Proudhon et Bakounine, le christianisme social, le classicisme dans les lettres et les arts, le romantisme, ce qui n’est pas tout à fait hier et qui n’est pas encore aujourd’hui, se mêlent profondément en s’entrechoquant.
Époque charnière difficilement analysable où le caractère des hommes qui se forme influe directement sur la marche des choses. La naïveté est justement la preuve que, dans la balance, le tumulte des sentiments l’emporte encore sur la froide analyse des réalités. Les hommes se grisent de phrases où le bon droit, la justice, la loi l’emportent sur les réalités concrètes.
Rien ne pouvait encourager un esprit froid à se lancer dans l’aventure, et cette vieille canaille de Marx l’avait bien compris qui conseillait à ses amis de rester tranquillement fidèles à la « République des Jules » du 4 septembre. La campagne était réactionnaire, une armée ennemie campait aux portes de Paris, la bourgeoisie d’affaires qui avait fui possédait tous les rouages économiques dans ses blanches mains, les libéraux, effrayés, se retiraient à Versailles, justifiant la trahison d’une fraction importante de la population parisienne, les intellectuels de gauche avaient (déjà) déserté, les militaires avaient suivi, les fonctionnaires aussi.
Non, rien, vraiment, ne pouvait engager un esprit logique dans Paris révolutionnaire. Pourtant, et il suffit d’avoir lu leurs proclamations pour en être intimement persuadé : les hommes de la Commune ont vraiment cru possible leur victoire.
Oui, ils furent naïfs !
Et finalement, ils eurent raison car, contre toute évidence, la victoire eût été possible si, au lieu de tomber dès les premières heures sur un alcoolique à moitié fou, le colonel Langlois, ils avaient placé à la tête de la Garde nationale un homme énergique qui, dans la nuit, eût enlevé les forts, pris Versailles et enfermé M. Thiers.
Naturellement, on ne refait pas l’histoire, on profite simplement de l’enseignement qu’elle nous apporte, et la Commune de Paris qui marqua d’un coup de reins une période économique en pleine gestation, peut être riche d’enseignements pour notre époque à la condition de laisser de côté les images d’Épinal et d’étudier avec sérieux les mouvements qui la projetèrent en avant.
Article paru en 1970.

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