Samedi, 1 Novembre 2014

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Petite histoire du journal

Le Monde libertaire se réclame, parmi d’autres, du Libertaire créé en 1895 par Sébastien Faure, et dont l’ancêtre remonte même à 1858...

Le Libertaire, première version, est créé en 1858 aux États-Unis par Joseph Déjacque, écrivain et journaliste expatrié après le coup d’État du 2 décembre 1851, de Louis-Napoléon Bonaparte. Il paraît jusqu’en 1861.

Le 16 novembre 1895, Sébastien Faure et Louise Michel reprennent la parution en France jusqu’en 1899 où l’hebdomadaire est remplacé par un quotidien : Le Journal du peuple. Celui-ci, qui se consacrera surtout à l’affaire Dreyfus et au procès de Rennes, paraîtra jusqu’en décembre (299 numéros). À partir d’août de la même année, Le Libertaire « illustré » paraît chaque semaine comme supplément au quotidien. Il continuera sa vie, à l’arrêt de ce dernier, jusqu’en août 1914 où ses positions antimilitaristes l’obligent à cesser sa parution, après 960 numéros.

Après une tentative réfractaire en 1917, la parution reprend en 1919 et sans interruption jusqu’en 1939. Elle sera, de décembre 1923 à mars 1925, une nouvelle fois quotidienne pour 479 numéros, mais cessera dès le début de la guerre.

Le 21 décembre 1944, Le Libertaire reparaît d’abord suivant une parution irrégulière puis bimensuelle, essentiellement à cause des restrictions de papier. Il reprend sa forme hebdomadaire à partir d’avril 1946 2. Collaborent alors Georges Brassens - qui sera l’un des premiers permanents du journal -, Léo Ferré, André Breton, Albert Camus...

En 1954, suite à une crise organisationnelle, le journal change de titre et devient Le Monde libertaire 3. La crise a été dure, et la publication doit revenir à une périodicité mensuelle.

En 1977, Le Monde libertaire redevient hebdomadaire. En 2003 4, il prend une nouvelle forme et paraît maintenant en quadrichromie dans un format magazine.


Notes :

1 Il disparait en 1956, trois ans après une scission-exclusion en 1953 qui voit naître la Fédération communiste libertaire (FCL), laquelle s'empare du titre.

2 Pour ceux qui souhaiteraient connaître en détail l’histoire du Monde libertaire, se procurer la brochure du groupe de Fresnes-Antony de la F.A., Volonté anarchiste, n° 25 ; Histoire du journal de l’organisation des anarchistes : du Libertaire au Monde libertaire, par Maurice Joyeux, éd. du groupe Fresnes-Antony (1984).

3 En fait dès le hors série n° 22 daté du 19 décembre 2002 au 8 janvier 2003.


Le comité de rédaction du Monde libertaire (C.R.M.L.)

Composé de militant(e)s nommé(e)s et révocables par le congrès de la FA, il a pour tâche d’assurer la publication régulière du ML (commande des articles et mise en pages). En cours de mandat, il peut coopter, à l’unanimité, un ou plusieurs camarades en cas de défection d’un ou plusieurs de ses membres. Tous les articles soumis à son appréciation sont publiés, sauf opposition de principe (motivée) de l’un(e) des membres.

Un article refusé est renvoyé à son auteur avec les raisons du refus (voir Les Principes de bases de la Fédération anarchiste).

Le CRML se réunit du mardi soir au dimanche soir, dans la limite de la disponibilité de ses membres. Il fait le choix des articles pour le numéro à venir, décide de la « une », compose le « chemin de fer » (le plan du journal), relance les personnes qui ont promis un article sur un sujet déterminé, contacte les illustrateurs, réalise des interviews sur des sujets d’actualité (manifestations, grèves, etc.), constitue l’iconographie qui illustrera les articles… Il travaille en collaboration avec le compagnon mandaté au Secrétariat archives quand il a besoin de documents anciens. Quelques camarades du CRML assurent, en plus, la correction du journal avant qu’il ne soit transmis à l’imprimeur. Le CRML participe, comme l’administration, au comité de relation de la FA (voir partie 3).

À l’heure actuelle, l’ensemble du comité de rédaction est bénévole.



L'administration

Elle est composée de :

- Un directeur de publication : il est nommé par le congrès et bénévole. Actuellement, notre compagnon Bernard Touchais occupe ce poste. Il a une place à part dans l’administration, dans le sens où il assure un rôle à la fois technique et légal face à l’administration (l’autre : ministère de l’Intérieur, Premier ministre). Il est le garant du journal face à elle. Il est responsable, personnellement, des écrits que celui-ci contient. Il a aussi à se rendre, par exemple, aux convocations de la police ou à celles du tribunal si Le Monde Libertaire est poursuivi.

- Un administrateur : également nommé par le congrès, également bénévole. Il peut s’entourer d’un ou plusieurs militants, appointés ou non. Son rôle est de veiller à la parution régulière du journal. Il participe au comité de relation comme tous les autres mandatés - avec obligation de ne pas en manquer plus de deux consécutivement sans excuse valable (voir Les Principes de bases de la Fédération anarchiste). Il assure les relations et le suivi avec Presstalis (ex-NMPP, Nouvelles messageries de la presse parisienne), avec l’imprimeur, le traitement des abonnements et des réabonnements, ainsi que la bonne marche du routage. Il veille, en somme, à la bonne parution et diffusion du journal.

Pour que le ML fonctionne correctement, il est évident que comité de rédaction et administration doivent travailler en bonne intelligence et collaborer étroitement. C’est la condition nécessaire à la création d’une dynamique autour du journal et à son développement.


Fonctionnement

Toute la semaine, les articles arrivent au journal. Dès le mardi soir, le comité de rédaction se réunit et commence à sélectionner les articles et à réaliser le « chemin de fer ». Sur un panneau représentant les 24 pages de l’hebdomadaire, sont disposés les articles au fur à mesure de leur arrivée, en modifiant, suivant l’actualité, la priorité de leur parution. L’équipe du CRML commence dès le mercredi à « maquetter » les articles (le journal est entièrement réalisé en PAO — publication assistée par ordinateur — depuis mars 1990). La « une » n’est réalisée qu’au dernier moment (samedi ou dimanche) pour essayer de ne pas être trop en décalage par rapport à l’actualité. Le dimanche soir, dernier délai, les 24 pages doivent être terminées. Le journal maquetté est alors envoyé, via internet, à notre imprimeur.

Dans la matinée du lundi, l’imprimeur commence la fabrication du journal. Le mardi après-midi, Le Monde Libertaire est imprimé et broché. Une partie du tirage est conditionnée pour être livrée à Presstalis, qui « ventilera » ces exemplaires dans le réseau des points de vente, pour toute la France. Une autre partie du tirage est routée vers les abonnés et les camarades qui assurent les ventes à la criée dans certaines villes et villages. Une dernière partie (quelques centaines d’exemplaires) est livrée à la librairie Publico, au 145 rue Amelot. Eh oui ! beaucoup de nos lecteurs parisiens viennent traditionnellement y acheter Le Monde libertaire.

Le jeudi matin, Le Monde Libertaire est en vente dans environ 2 500 marchands de journaux. Une petite précision est importante : la France compte à peu près 30 000 points de vente ; notre hebdo est donc encore loin, hélas, de couvrir l’ensemble de ce réseau… C’est là un de nos objectifs, qui exige beaucoup d’énergie et, chose indispensable, le soutien actif de nos lecteurs et lectrices !

Les abonnés ont reçu (normalement) leur « hebdo préféré ». Le comité de rédaction travaille, depuis deux jours, au numéro suivant.