Mardi, 7 Février 2012

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Luttes de classes

Okupations : collectifs contre les expulsions (Barcelone, la belle rebelle)

L’Espagne compte aujourd’hui trois millions de logements vides (anciens, neufs ou non terminés), mais aussi de plus en plus de gens à la rue ou mal logés : cherchez l’erreur. Il faut savoir qu’actuellement 300 familles sont expulsées chaque jour, conséquence d’une crise qui n’en finit pas de ravager ce pays. La plupart des emprunts (85 %) l’ont été à taux variable. Avec l’augmentation démesurée de ces taux, plus moyen de rembourser, les banques récupèrent les logements et les emprunteurs se retrouvent à la rue, en étant toujours redevables de la dette contractée auprès de ces banques. Devant cette situation générale, des collectifs se sont mis en place pour lutter contre les expulsions et/ou recaser des familles dans des squats. Les plus connus de ces collectifs sont Okupa, Miles de Viviendas (Des Milliers de logements) 1, 500 x 20 qui tire son nom de sa principale revendication à savoir obtenir 500 logements au loyer inférieur à 20 % des revenus de leurs habitants. Ces mouvements se sont développés depuis les années 1980, avec une certaine efficacité. Au départ, il s’agissait simplement d’occuper des édifices ou des locaux vides, qu’ils soient publics ou privés, à l’instar des squats qu’on peut connaître dans d’autres pays. Mais ces quatre ou cinq dernières années, le mouvement s’est amplifié avec la crise (entre autre immobilière) subie par l’Espagne.Les collectifs dont nous parlons s’opposent régulièrement à toutes les expulsions avec un certain succès, malgré les interventions policières qui donnent lieu à des affrontements. Quant à ceux qui se retrouvent malgré tout à la rue, les collectifs les aident à trouver et à occuper des espaces vides, abandonnés provisoirement ou définitivement. Ils dénoncent par la même occasion l’abandon de ces bâtiments pour des buts souvent spéculatifs. La forme d’occupation n’est pas anodine : elle est principalement autogestionnaire et entend préfigurer les rapports qui s’instaureront au sein d’une population dans une future société, non capitaliste. C’est pourquoi presque systématiquement, on voit se créer dans ces squats des activités politiques et culturelles, allant de l’organisation de débats théoriques à des représentations théâtrales, ou de danse, à des concerts ou récitals poétiques etc., tout ceci s’inscrivant dans la tradition des athénées libertaires.Devant la prolifération des occupations, la législation espagnole s’est « enrichie » en 1996 d’une nouvelle notion sous le nom de « délit d’usurpation ». Mais rien n’y a fait, les occupations ont continué et se sont développées tout naturellement en même temps...
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Quand je serai riche, je me paierai un manteau en fourrure de chien d’aveugle : chronique lacunaire d’un monde à la renverse

Le barnum électoral au sein duquel s’exhibent l’UMP, le PS hollandiste et le FN atteint des sommets de ganacherie et d’indigence intellectuelle 1. L’UMP tente de masquer son impéritie et sa pathétique défense du libéralisme économique en singeant le FN, grâce notamment au ministre Guéant, à son affidé Arno Klarsfeld 2 et à son quarteron outrancier, la Droite populaire, ce ramassis de beaufs qui fleure bon la F-rance – tandis que le FN opère un tragique rapt idéologique en recueillant l’assentiment de ceux qui, face au libéralisme chaque jour plus méprisant et destructeur, se tournent pourtant vers une autre botte que celle qui les écrase déjà. Complices du terrorisme en col blanc, celui des Bourses et des salles de marché, des Standard Poor’s, Moody’s et Fitch Ratings 3, du milieu (au sens mafieux du terme) bancaire international, l’UMP (Union des maîtres prévaricateurs) et son chef ont entrepris, avec le concours diligent et inculte de la valetaille mass-médiatique, d’organiser une vaste opération de propagande en faveur : 1) des mesures économiques les plus hostiles à ceux qui sont déjà les victimes chroniques des multiples crises successives et cumulatives qui assaillent les peuples depuis quarante ans, depuis le premier choc pétrolier, moment inaugural de l’offensive néolibérale ; 2) de l’industrie électronucléaire, en ridiculisant systématiquement les projets énergétiques alternatifs. « Le retour à la bougie », voilà ce que prédit Sarkozy si le plan socialiste de sortie partielle du nucléaire – pourtant loin d’être radical – est adopté. Pour ce gouvernement, l’UMP, ses 170 000 militants et ses millions d’électeurs, les pauvres sont des fainéants et des fraudeurs, les malades des profiteurs cherchant à spolier la Sécurité sociale, sapant ainsi les fondements du « modèle social français ». Ces assertions à l’emporte-pièce, seraient-elles quelque peu édulcorées dans les discours officiels des dirigeants de ce pays, forment pourtant l’ossature idéologique des dominants. Un ministre, l’évanescent Wauquiez (actuellement en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, après avoir été secrétaire d’État chargé de l’Emploi), celui qui déplorait en 2010 les « dérives de l’assistanat, […] cancer de la société française », vient de publier un livre « finement » intitulé La Lutte des classes moyennes. L’ironie de l’histoire est bel et bien un sport de riches… Cette métaphore odieuse du cancer social est le décalque d’une situation aberrante où un médecin, face à un cancéreux, lui dirait, avec une...
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Notre sommet social est à la base

Il y a quelques jours, un estimé camarade m’avouait ne plus croire en la capacité du syndicalisme à instaurer un vrai rapport de classe conflictuel au sein de la société. Je n’étais, bien sûr, pas de son avis. Si le syndicalisme de 2012 n’est, certes, plus celui de la fin du XIXe et du début du XXe siècles, s’il est loin, aujourd’hui, de constituer un front uni du Travail contre le Capital, il y reste néanmoins des potentialités de résistance. Des potentialités qui se réveillent régulièrement et qui, parfois, accouchent de victoires. Et pas forcément des moindres. Récemment, deux épisodes viennent conforter ce propos.Le premier, c’est la victoire des pompiers de la gare d’Austerlitz qui, après 98 jours de grève téméraire et implacable, sont parvenus à faire plier les patrons de Lancry, l’entreprise qui les emploie. Soutenus, depuis le début du conflit, par l’UL CGT du 13 et l’US CGT Commerce Paris, ils ont obtenu de leur direction des augmentations de salaire (108,13 euros pour les agents de sécurité incendie, 148,57 euros pour les chefs d’équipe, à quoi il faut aussi ajouter 30 euros de frais de transport – 45 euros pour ceux habitant en dehors de l’Île-de-France) et la garantie que les équipes déjà constituées ne bougeraient pas d’un iota.Autre victoire dans le commerce pour les salariés du Monoprix Courcelles du XVIIe arrondissement de Paris. Vendredi 13 janvier dernier, ils se sont mis en grève pour réclamer des embauches, un remplacement systématique des salariés absents et, surtout, l’arrêt immédiat des sanctions dues aux erreurs de caisse liées au manque de personnel. Contrairement aux pompiers d’Austerlitz, il n’aura fallu que peu de temps aux salariés de Monoprix pour imposer leurs revendications à la direction. Au bout de trois heures de débrayage, celle-ci s’est engagée « à embaucher deux CDD à temps complet, dès mercredi prochain, pour le début de la deuxième démarque ; les contrats étudiants seront renforcés et les salariés qui le souhaitent seront appelés à faire des heures supplémentaires ; deux personnes en plus seront affectées au rayon non alimentaire pour aider à l’étiquetage ; la chef de caisse du soir, sanctionnée pour ses erreurs de caisse, ne fera que des encaissements chèques et cartes bancaires ». Avant de retourner au chagrin, les salariés du magasin ont menacé la direction d’un nouveau débrayage si les accords conclus n’étaient pas suivis d’effet dans les jours à venir. À bon entendeur…Enfin, samedi...
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