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n°1657 (26 janvier-1er février 2012) | Syndicalisme Ajouter aux favoris Créer un PDF Recommander Imprimer

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Météo syndicale

Qu’est-ce qui agite le plus de ce qui reste de mouvement syndical français actuellement ? La tentative des pouvoirs publics d’enfumer le mouvement social, l’annonce du départ de Bernard Thibault de la tête (sic) de la CGT ou le massacre industriel dont la dernière usine Lejaby a fait dernièrement les frais ?
« Produire en France » est un thème dont la campagne électorale fait ses choux gras. ça rassemble tout le monde et la politique dite « de l’effet d’annonce » ne mange pas de pain. Il suffit de regarder dans le rétroviseur ! Comme le mettait en une un quotidien hexagonal, le made in France a fait « cocoricouac ». Malgré la mobilisation des salariées au site d’Yssingeaux, la dénonciation du mépris du gouvernement, l’usine a fermé. Toute la production de lingerie part en Tunisie. Sur 450 ouvrières, seules près de 200 conservent un emploi. Pour les autres, le ministre du Travail a déclaré que 98 % du salaire serait maintenu pendant un an, mais ce n’est que l’application de la loi… Un an, et après ? L’emploi n’est pas légion en Haute-Loire. En avril 2010, les sites de Bourg-en-Bresse, Bellegarde-sur-Valserine (Ain) et Rilleuc (Rhône) avaient déjà fermé. Mais la direction avait déclaré : « À Yssingeaux, vous ne risquez rien, vous êtes l’usine pilote ! »
En fait, des licenciements peuvent aujourd’hui avoir un caractère boursier, puisqu’il y a absence de motif économique. Comme le déclarait une ex-déléguée CGT de l’usine de lingerie Aubade à Saint-Savin (Vienne) : « Il y avait de l’argent et du travail. On a privé des gens de boulot pour aller produire en Tunisie où les coûts de production sont moins élevés et ainsi faire deux fois plus de bénéfices. » CQFD. Telle est la loi des marchés, malgré les discours électoraux du locataire de l’Élysée aux « forces économiques ». L’assemblée générale des salariées de Haute-Loire a déclaré la semaine dernière : « Nous demandons la mise en place de préretraites à partir de cinquante-cinq ans. Nous voulons une revalorisation des primes de licenciements pour atteindre 10 % des salaires perçus. Nous voulons un plan de réindustrialisation du site d’Yssingeaux. » Elles doivent savoir qu’elles ne doivent compter que sur elles-mêmes et les forces collectives de la solidarité. Comprendre, aussi, que tous les prétendants à la charge suprême ne les instrumentalisent pas beaucoup moins que ce gouvernement qui a encouragé le massacre industriel.
Pour en revenir au « sommet social » de la semaine dernière, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y a aucune illusion à nourrir ! On espère seulement que cette évidence est claire pour les bien-nommés partenaires sociaux. Comme l’a déclaré le secrétaire de la CGT : « Aucun des droits sociaux n’est à l’abri. » Vous avez dit TVA et miroir aux alouettes ? Sinon, outre l’effet d’annonce de son retrait, Thibault a aussi dit : « Je ne crois pas utile que la CGT dépense trop d’énergie pour convaincre ses adhérents qu’il n’est pas forcément nécessaire de reconduire le président de la République. » Plus d’un militant de base doit quand même se demander le pourquoi de la présence annoncée de Hollande au meeting CGT du Zénith ! Le coup de l’autonomie engagée, on a déjà donné il y a belle lurette.

Torrent Impétueux

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