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Aperçu :
Sarkozy contre les syndicats
Il s’en est pris dernièrement aux militants, notamment CFDT, d’Arcelor-Mittal, qualifiés de « permanents » qui auraient « trahi la confiance des salariés en faisant de la politique au lieu de défendre l’intérêt des salariés ». Sans doute parce que des conflits sociaux pendant la campagne électorale, ça fait sale dans le paysage.
Les salariés d’Arcelor-Mittal n’ont pas applaudi à l’annonce des 17 millions d’euros débloqués par le gouvernement pour Florange et qui ne constituent qu’un faux investissement que même la direction a relativisé (2 millions étaient déjà prévus et les 15 autres n’ont pas de lien direct avec les hauts fourneaux). Ensuite, lorsque les salariés sont montés à Paris pour le rencontrer dans son QG de campagne, ils se sont fait recevoir par les flics et, dernièrement, comme une riposte, les salariés ont organisé une marche sur Paris qui a été très populaire.
Le candidat UMP s’en est pris également à la CGT, lorsque le Syndicat du livre a bloqué la sortie de Ouest-France, en soutien aux salariés de Paris Normandie en déconfiture « Honte sur les gens qui se comportent ainsi », a-t-il dit. Il se trouve que ce même jour il y avait une interview de Sarkozy dans Ouest-France, c’est ballot.
C’est, somme toute, un discours de droite assez classique, mais lui qui se disait au-delà de ces clivages montre une nouvelle fois son vrai visage. Il ne fait que reprendre les termes de Laurence Parisot. Rien de neuf.
Dans un accès de démagogie, en début de mandat, Sarkozy avait surmonté son dédain et essayé de mettre les gros syndicats dans sa poche, en leur offrant, sur un plateau, un accord sur la représentativité syndicale, sur l’Unedic… On voyait même Sarkozy et Thibault qui semblaient en bons termes. Sarkozy a essayé de gérer les secrétaires syndicaux comme un patron gère ses « collaborateurs » et ses « partenaires sociaux », en leur donnant quelques avantages, quelques privilèges, en les invitant dans ses salons luxueux, en leur faisant croire qu’il était à leur écoute. Les prédécesseurs de Sarkozy avaient joué la carte CFDT, le président a voulu jouer la carte du syndicat le plus représentatif, exactement comme le fait un patron dans sa turne. Question de stratégie.
Évidemment, ça n’a pas duré longtemps, les reculs sociaux en tous genres et surtout le passage en force de la réforme des retraites en 2010, malgré les millions de manifestants dans les rues, ont vite montré que la logique de Sarkozy et sa bande se situait bien contre les salariés et les pauvres. Les syndicats, quant à eux, n’ont pas osé dépasser les appels à des manifestations de protestation pour aller vers la grève, générale, tant qu’à faire.
Depuis, le divorce est plus marqué entre la CGT et le gouvernement et Thibault, voulant donner un « signal fort », a même boycotté la séance de vœux de Sarkozy. (« bouh, j’suis colère »). En cette période électorale, les secrétaires de la CFDT et de la CGT prennent position : un peu, pour Chérèque qui dénonce « la conception autoritaire de la démocratie de Sarkozy », et plus ouvertement de la part de Thibault qui, lui, appelle « à ce que Sarkozy ne soit pas reconduit ».
Aujourd’hui, Sarkozy ne s’en prend pas aux têtes des syndicats, c’est dans ses réflexes de politicien. Il s’en prend à ceux et celles qui luttent et ce n’est pas la même chose. Il ne supporte pas qu’on ose lui résister. Le pseudo-bienfaiteur de Lejaby sait que le cirque électoral n’empêchera pas longtemps d’aller à l’affrontement.
Pendant ce temps-là, alors que Sarkozy fait son show électoral, des négociations dites « compétitivité-emploi » ont lieu, presque en catimini. Et là le patronat veut la peau du contrat de travail. Ce texte permettrait de baisser les salaires et de faire varier la durée du travail par accord d’entreprise, cela en échange d’un hypothétique engagement à maintenir l’emploi.
Et ça c’est particulièrement grave. Ne nous laissons pas faire.
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