Mardi, 7 Février 2012

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Vie du mouvement

Appel à souscription

Du 8 au 12 août 2012, aura lieu une rencontre anarchiste internationale à Saint-Imier (Suisse romande) pour la commémoration des 140 ans du congrès de la Première Internationale antiautoritaire qui fut organisé en 1872.Sur le site internet www.anarchisme2012.ch se trouve plus d’information sur les contenus et l’esprit de ces rencontres.Jusqu’ici, les organisations qui ont porté et animé cette importante échéance sont : la Fédération anarchiste (FA), l’Internationale des Fédérations anarchistes (IFA), la Fédération libertaire des montagnes (FLM), l’Organisation socialiste libertaire (OSL) et Espace noir.D’autres organisations ont rejoint le Comité d’organisation : Alternative libertaire (AL), la Coordination des groupes anarchistes (CGA), la Federazione dei Comunisti Anarchici (FdCA), Karakök Autonome, Libertäre Aktion Winterthur, l’Organisation communiste-libertaire (OCL).Nous sommes toujours à la recherche de volontaires pour participer à l’organisation de cette rencontre internationale : traduction, cuisine, nettoyage, surveillance, etc. Il est possible de s’inscrire sur le site.Sont d’ores et déjà prévues des tables rondes, des meetings, des concerts (5 par jour), des conférences (une trentaine), des spectacles de théâtre, des performances, des projections de films, des expositions, etc.L’IFA tiendra son propre congrès à Saint-Imier à l’occasion des rencontres internationales.Nous attendons des organisations, groupes et individus de tous les pays. Nous souhaitons que soient représentés les mouvements et groupes d’un maximum de coins du monde : Tunisie, Égypte, Chili, Mexique, Uruguay, Brésil, Israël, Palestine, Russie, Biélorussie, etc. Les contacts pris sont nombreux et intéressants.Tout cela aura un coût important : location des salles, du matériel de traduction ; location de gîtes ; hébergement des conférenciers, des groupes de musique, des délégations étrangères ; achat de la nourriture ; etc. Nous avons évalué le budget global à 100 000 euros, 50 000 euros pour les concerts/spectacles et 50 000 euros pour les conférences/meetings. Parmi ces 50 000 euros, nous prévoyons un budget de 15 000 à 20 000 euros pour aider au transport des délégations étrangères des groupes peu argentés.Les copains d’Espace noir (Saint-Imier) ont ouvert un compte postal en Suisse. En France, c’est le groupe Proudhon de la Fédération anarchiste de Besançon qui se charge de récolter l’argent en euros afin d’aider à la réussite de cette rencontre internationale.Vous pouvez envoyer vos chèques à l’ordre de : CESL, BP 121, 25014 Besançon Cedex. (mention au dos : St Imier 2012).relations-internationales (arobase) federation-anarchiste.org...
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Pierre Bourdieu : dix ans, déjà !

En janvier 2002 disparaissait le sociologue « de combat » Pierre Bourdieu. Le bilan de cette décadente décade est lourd. Depuis ces dix années, « eh oui Gaston, ça n’a pas tellement changé. On peut même dire que ça a empiré, tous les « peineux » sont plus peineux qu’avant, quant aux rupins, c’est pire que le chiendent, ça r’pousse tout l’temps », comme le chantait, en s’adressant au chansonnier Gaston Couté, notre ami Jean Claude Mérillon.À Radio libertaire, le premier mars 2001, nous recevions Pierre Bourdieu dans l’émission « Chronique Hebdo » consacrée depuis des lustres à l’analyse de l’actualité à travers des lunettes anarchistes (http://chronique-hebdo.blogspot.com/). Ce sociologue, qui savait « ouvrir sa gueule » n’avait pas que des amis, sauf peut-être ceux dont on demande à être « protégés », selon la formule bien connue : « Protégez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge. » Cette cohorte de petits esprits savaient manier l’injure avec élégance : un certain Mongin, directeur de la revue Esprit le traitait de « singe savant, chef d’une voyoucratie intellectuelle ». Le directeur de la revue Les temps modernes, un dénommé Lanzmann, l’avait baptisé le « Cardinal Ratzinger de la Science ». Comparer Bourdieu à un successeur de bourreau, ce « préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi », nouvelle appellation du chef de l’Inquisition, témoignait du niveau de décomposition qu’avait atteint la revue de Sartre. Quant à nous, valeureux guerriers de la pédagogie anarchiste, il nous fallait sauter sur l’occase !Un délégué de la papauté, un cardinal chez les anarchistes, c’était le scoop de la nouvelle année. Quant à la cohorte des malfaisants, on allait voir si, pour célébrer les dix années de « pensée » sans Bourdieu, ils allaient, une fois de plus, se trainer dans la boue, en se faufilant dans le groupe des amis ou admirateurs pour lui rendre hommage. On savait que, de nos jours, la « repentance » est « tendance ». S’absoudre soi-même de ses errements ou de ses crimes est plus simple que de demander aux victimes ou à leurs descendants leur opinion sur ce geste. Pour Spinoza, la pratique de la repentance n’était que le redoublement de la faute.Pierre Bourdieu, lui, n’avait rien d’un fou de Dieu, d’un cardinal : il avait toute sa raison. Son combat multiforme s’inscrivait dans une vaste perspective. Dessiller les yeux et les oreilles, désenfumer les cerveaux, stimuler les luttes des dominés en braquant le projecteur sur les armes des dominants, tel furent les passions de toute une vie. Il lui fallait décrire l’arme de la résignation religieuse ou doctrinale ; celle de la soumission à un « petit père des peuples », mais également l’art d’enfermer ceux qu’il désignait comme « dominés » dans la fatalité d’un état de fait interdisant tous les possibles.Raisons d’agirC’est dans ce contexte qu’était née en 1996 « Raisons d’agir ». Collection éditoriale, c’était surtout un programme de pédagogie active, de production d’ouvrages de critique sociale, dans une langue la plus simple possible, accessible à tout un chacun. C’était, en même temps, un stimulant pour l’action, mais une action élaborée à partir d’une ou plusieurs idées et fondée sur la raison. Il ne s’agit pas de faire de l’activisme, d’agir pour agir. On retrouve ici l’un des fondements de la philosophie et de l’entreprise anarchistes. Comme il le souligne lui même : « On a trop identifié l’action à une espèce de précipitation. On se jette dans l’action, on réfléchit après. Je pense qu’il est important d’avoir des raisons élaborées, réfléchies, construites. » Au moment où nous l’invitions dans l’émission « Chronique Hebdo », Pierre Bourdieu venait de publier sur ce modèle : Contre-feux 2 :
 pour un mouvement social européen. Il présentait ainsi son propos : « L’analyse systématique du nouvel ordre économique mondial, des mécanismes qui le régissent et des politiques qui l’orientent, introduit à une vision profondément nouvelle de l’action politique ; seul le mouvement social européen qu’elle appelle serait en effet capable de s’opposer aux forces économiques qui dominent aujourd’hui le monde. »Nous avions déjà invité certains auteurs qui avaient publié dans « Raisons d’agir ». On avait déjà reçu Serge Halimi et Loïc Wacquant, l’un nous parlant des médias, ces « nouveaux chiens de garde » et l’autre de ces « prisons de la misère », ces cachots de la société concentrationnaire étatsunienne où la prison devient en fait le substitut au chômage ou à la précarité et où on fait des affaires sur la construction de prisons. Avaient fait l’objet de nos analyses deux autres ouvrages, l’un de Frédéric Lordon, Fonds de pension, pièges à cons et de Laurent Cordonnier, Pas de pitié pour les gueux.Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, nous étions curieux de savoir ce qui avait poussé notre éminent...
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Eléments sur la musique à la radio

« De la musique avant toute chose ! » Paul Verlaine. « Votre révolution, si je ne peux pas danser, je n’en veux pas ! » Emma Goldman. « Par-delà le blues cette étude veut aussi réhabiliter le chant et la chanson, qui forment un sous-groupe de ce que l’on nomme poésie ou littérature orale, dans un monde où l’oralité a depuis longtemps été mise sous l’éteignoir par l’écriture. L’étude des faits de culture oraux est une branche non négligeable du savoir qui a permis la connaissance et la compréhension de nombreux groupes ethniques ou culturels. Comme le souligne Paul Zumthor dans un ouvrage impressionnant intitulé Introduction à la poésie orale, il est difficile de nier le rôle qu’on joué les traditions orales dans l’histoire du monde : c’est grâce à elles que se sont maintenues et se maintiennent les civilisations archaïques et de nombreuses cultures marginales. Malheureusement, les recherches sur l’oralité se déroulent souvent un peu à l’insu du grand public et l’enseignement, même universitaire, n’en a guère bénéficié. » (Robert Springer, Fonctions sociales du blues, Editions Parenthèses, 1999).La première citation est d’un « poète maudit », la seconde d’une anarchiste russe d’origine juive. À quoi bon ces citations du passé ? Choses retirées de leur contexte et utilisées, en fait, pour éclairer un aspect du microcosme des radios libres. Le long extrait sur le blues précise l’importance de la musique, qui se doit être traitée sur le même plan que le discours et l’écrit. Prenons le cas de notre rebelle radio. Il y a quelques décennies, notre but premier à Radio libertaire était la propagande, répandre l’idéal anarchiste. Dans les premiers temps, les émissions étaient d’abord politiques. D’où une propension à considérer les émissions musicales non pas comme inférieures, mais quasiment « ornementales ». Prenons le cas (au hasard…) de Blues en liberté. Passer des disques de blues a d’abord comblé les « blancs » dans la programmation 1. « La musique afro-américaine était-elle compatible avec l’anarchisme ? » me demandait-on souvent ! À quoi je répondais, souvent en bottant en touche : l’art comme la musique ne doit pas être estampillée. Bakounine aurait-il crémé le Chicago blues et Élisée Reclus Albert Collins ? Remarquez, jai été navré le jour où j’ai découvert, dans une revue américaine, une sorte d’organigramme avec à la fois des portraits d’Edgar Poe, Trotsky et Charley Patton.Malgré tout se pose le problème : une émission musicale peut-elle éveiller à une conscience politique ? Il est « de toute évidence » que l’écoute ponctuelle de notre chère radio sans dieu ni maître peut rebuter, et ce n’est pas une question de génération. Une demi heure d’émission sans pause musicale peut torpiller les meilleurs discours ! L’écoute de chansons dites à textes 2 est, certes, une réponse, mais la musique seule peut aussi amener à la réflexion politique. Comme l’écrivait il y a quelque temps Donovan, protest singer des années soixante : « Peu importe les mots, les idées mais plus la façon de les dire. » Il défendait l’idée que, d’une façon chamanique, on pouvait être sensible aux sons sans en comprendre les paroles. De « bonnes vibrations » suffisent-elles à changer le monde ? Certes non, mais elles y contribuent. Blues en liberté y trouve sa trace, mêlant musiques et messages anarchistes. Nous ne sommes pas les seuls, ben heureusement. Voilà ! Le débat continue…ThierryBlues en liberté1. La réalité est, bien sûr, plus complexe. Gérard Terrones faisait déjà une émission sur le blues. Il m’a passé le relais pour se consacrer à Jazz en liberté.2. Serge Utgé-Royo, pour ne citer que lui, est de cette veine libertaire qui conjugue musiques et messages, les citer toutes et tous, je ne le puis....
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