Littérature > Rêveur d’anarchie…
Littérature
par Sylvain Boulouque le 16 mai 2022

Rêveur d’anarchie…

Lien permanent : https://monde-libertaire.net/index.php?articlen=6493




Figure de l’anarchisme péruvien, Manuel Gonzalès Prade est né à Lima en 1844 dans une famille de l’aristocratie liée au pouvoir. Destiné à reproduire le schéma familial, il rompt avec ses attaches après la guerre de 1879 à 1883 opposant le Pérou au Chili. Il commence alors à réfléchir sur les causes des dominations.

Après une expérience de politique politicienne dans un parti qu’il fonde - l’Union nationale - et surtout après un séjour en France et en Espagne, il rejoint les rangs libertaires en 1902.
Il publie plusieurs ouvrages tous inédits en français remettant en cause l’ordre établi. Par ailleurs passionné de poésie et de livres, il est nommé en 1912, directeur de la Bibliothèque nationale du Pérou dont il démissionne deux ans plus tard suite au coup d’État. Il reprend sa place en 1916 après le retour d’un gouvernement constitutionnel et meurt en 1918.
De son œuvre importante, plusieurs thèmes se dégagent : la critique de la religion comme facteur d’oppression au service des pouvoirs, celle de l’autoritarisme étatique et de la colonisation.

Le présent recueil est la traduction des textes rassemblés dans les années 1930 par son fils. Ils portent sur d’autres aspects dont une analyse du syndicalisme proche de celle de Malatesta, qui voit dans le mouvement syndical le risque d’une évolution vers des pratiques et une vision réformiste. Il faut dire que les articles paraissent quelques mois avant le congrès anarchiste international d’Amsterdam qui définit les trois grandes interprétations du mouvement syndical.
L’ouvrage rassemble aussi plusieurs articles sur l’oppression qu’elle soit de l’État, de l’Église, de l’armée ou de la police et des moyens de s’en libérer : la grève, l’action individuelle, tout en refusant la violence.

Il se penche aussi sur les épisodes révolutionnaires et leurs figures comme la Commune de Paris, Louise Michel. Il donne une dimension messianique qui voit dans l’anarchisme un christianisme sans christ et onirique : « Si l’établissement d’une société anarchique se réduisait au rêve d’un philanthrope, il nous resterait la grande satisfaction d’avoir rêvé. Si seulement les êtres humains avaient toujours d’aussi beaux rêves ! »

Sylvain Boulouque

Manuel Gonzalez Prada. De l’utilité des rebelles. Nada 2022 220 p. 10 €

PAR : Sylvain Boulouque
SES ARTICLES RÉCENTS :
Des nouvelles de Debord
Une autre vision sur la Russie et l’URSS
Le refus de Camus
Femmes de l’extrème droite
Vox populiste
BD r’portage
Общая положительная оценка, товарищ Жорж ?
Le menteur d’histoire
Flora Tristan, aventurière de l’émancipation
Se rappeler de Michel Morphy
Soyons féroces avec les bouffeurs d’hostie
Au travail !
Emma
Emile
Portraits de staliniens
La mémoire d’un vaincu ?
Les filles du Kurdistan Une révolution féministe
Joe Hill
Terreur d’État en URSS
Francisco Ferrer, assassiné par l’Église avec la complicité de l’État
Le coin-lecture du 15 mars
Réagir à cet article
Écrire un commentaire ...
Poster le commentaire
Annuler