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n°1641 (23 juin-6 juillet 2011) | Expressions Ajouter aux favoris Créer un PDF Recommander Imprimer

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Aperçu :

Je n’ai pas l’habitude de dire du mal des collègues, mais…

Notre envoyé spécial à Brive-la-Gaillarde a réussi à retrouver l’adjudant Scrogneugneu qui officiait lors de la fameuse échauffourée. On s’assoit !
1641LulBrive, samedi matin. La gare est quasi déserte. Je réussis à trouver un taxi. Direction toute : le marché. Là, ça grouille de monde. Tous les bruits, toutes les odeurs, toute la gouaille d’un vrai marché de province. J’avise une vieille paysanne poilue à souhait qui harangue la foule à propos de ses canards et de ses bottes d’oignons. C’est, à l’évidence, un signe du destin.
— Bonjour madame. Connaîtriez-vous Hécatombe, la chanson de Georges Brassens ?
— Eh, boudiou, tu me prends pour un rastaquouère de la ville ! Bien sûr que je connais !
— Pardon madame. Mais sauriez-vous si l’adjudant Scrogneugneu, qui dirigeait la brigade à l’époque d’Hécatombe, est toujours en vie ?
— Ah, le vieux Amédée. Mais, bien sûr ! Tu vois le Café de la Plage, là. Il doit y être avec ses copains. Et ils ont déjà dû attaquer au blanc !
Quatre très vieux tapent le carton autour d’une bouteille de blanc. L’un d’eux a vraiment une tête de gendarme.
— Adjudant Scrogneugneu ?
— Oui, petitou, c’est pourquoi ?
— Vous en étiez lors de Hécatombe ?
— Et comment ! C’est même moi qui ai raconté l’histoire à Georges, un soir, à Paris. Chez Jeanne. Il était explosé. Il a écrit la chanson en vingt minutes. Nous étions morts de rire.
— Comment cela ?
— Ecoute, petitou, chez nous, ça a toujours été comme ça. Nos femmes sont belles comme la vie. Elles ont de grandes gueules et aiment la castagne. Alors, de temps à autre, dès qu’il s’agit de rosser les cognes, tout le monde se réconcilie !
— Eh bé ! Mais est-ce vous dont la tête était entre de gigantesques fesses et que l’on a obligé à crier « Mort aux vaches. Mort aux lois. Vive l’anarchie ! » ?
— Obligé, mon cul ! J’aurais fait encore pire pour pouvoir rester davantage au sein de ce merveilleux fessier. Ça me rappelait la mêlée, à l’USB. J’y étais talonneur. Avec Domenech à mes côtés, comme pilier.
— Vous avez conscience de ce que vous êtes en train de dire ?
— Ah, les Parigos, vous êtes bien tous les mêmes. Vous confondez toujours le match et la troisième mi-temps.
— Comment cela ?
— Monsieur le Parisien ignore sans doute qu’à Brive, même si les gendarmes ont cette chance de recevoir des coups de mamelles et de côtoyer les fesses des femmes de la ville, le soir, on boit un coup ensemble en chantant « Mort aux vaches, mort aux lois, vive l’anarchie ! ».
— Une dernière question, mon adjudant. Que pensez-vous de la condamnation d’un jeune homme pour avoir chanté l’Hécatombe devant une gendarmerie ?
— Je n’ai pas l’habitude de dire du mal des collègues, mais là, putain con mes couilles, ils ont dû attraper la maladie de la vache folle. Vous savez, la sarkosite. Ou bien le chef et le proc' sont des sous-marins de la Fédération anarchiste qui ont décidé de s’amuser aux dépens du ministre de l’Intérieur et du nain. Dans les deux cas de figure, je ne saurais que trop recommander aux camarades, moi qui suis adhérent au Club du livre libertaire – j’ai vu Franck, récemment au salon du livre libertaire de Gaillac –, de lire Le Capitalisme c’est le vol de Jacques Langlois, en vente à la Librairie Publico, qui vient de sortir aux éditions libertaires. Tout y est dit ! Mais, tu bosses pour quel canard ?
Le Monde libertaire.
— Ah, Le Monde, j’aurais préféré Sud-Ouest, c’est plus lu, et ma mère y est abonnée !

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