Lundi, 20 Octobre 2014

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n°95 (nov. 1963) | Vie du journal Ajouter aux favoris Créer un PDF Recommander Imprimer

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Aperçu :

Non-lieu pour le Monde libertaire

On ne saurait trop rendre grâce aux lenteurs administratives.

Par leur intervention, la justice est rendue le moins mal qu'il se peut, le plus tard possible et, dans le meilleur des cas, n'est pas rendue du tout, ce qui est le plus sûr moyen d'éviter les erreurs judiciaires.

Nous devons aujourd'hui à ce paresseux cheminement un non-lieu, à la triple inculpation dont nous étions l'objet.

Rappelons les faits : à la suite d'un article de Maurice Joyeux : « La justice aux mains sales », paru dans le numéro 62 de juillet-août 960, nous étions poursuivis :
1° pour incitation de militaires à la désobéissance ;
2° pour insulte à l'état-major d'Algérie ;
3° pour insulte aux magistrats d'Alger.

Ces messieurs ont renoncé à poursuivre plus avant le procès.

Ont-ils craint que les inculpés ne revendiquent la présence de co-accusés ?

Et, entre autres, celle d'un certain Michel Debré qui, lui aussi, se montrait hostile à la glorieuse armée d'Alger en invitant la population à se rendre en auto, en voiture à bras et sur patin à roulettes pour faire face à un coup d'État du susdit état-major. Toujours, entre autres, celle d'un certain qui vous savez, invitant l'armée à désobéir à des généraux félons.

Allait-on, à travers nous, condamner le grand allié de la France qu'est devenu M. Ben Bella ?

Allait-on compromettre davantage l'équilibre européen (déjà si fort déséquilibré), pour d'aussi petites gens que nous ?

Allait-on sortir de prison Salan et Jouhaud et ressusciter Bastien Thierry pour permettre aux accusateurs de se faire entendre ?

Allait-on, pour tout dire, nous faire porter l'auréole de précurseurs ?

Non, assurément non, cela ne pouvait se concevoir, et chacun le comprend, même un ministre de l'Intérieur.

Ô bienfait des méandres de l'histoire ! Il ne nous reste plus qu'à attendre que Franco aille rejoindre les tyrans qui l'ont devancé au fond de quelque égout, pour que la généreuse République française signe un autre non-lieu pour ceux qu'aujourd'hui elle emprisonne.

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