Arts et Spectacles > Les coups paisibles du brigadier. Chroniques théâtrales de septembre 2019
Arts et Spectacles
par Evelyne Trân le 2 septembre 2019

Les coups paisibles du brigadier. Chroniques théâtrales de septembre 2019

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LA VERITABLE HISTOIRE DU CHEVAL DE TROIE






Au théâtre Les Déchargeurs / Le Pôle Salle Vicky Messica / RDC Fond Cour
3, rue des Déchargeurs 75001 Paris

du 2 sep 2019 au 16 déc 2019, les lundis à 21h

Texte Virgile / Mise en scène : Claude Brozzoni / Comédien : Guillaume Edé / Musique : Claude Gomez


L’élégance de la simplicité ! Telle est la marque de ce spectacle mis en scène par Claude BROZZONI qui nous livre la véritable histoire du cheval de Troie par la voix d’un messager, le correspondant d’une guerre antique qui hélas fait écho aux guerres d’aujourd’hui.

De nombreux chroniqueurs se sont relayés pour faire du cheval de Troie, un épisode prodigieux de la Guerre de Troie. Le principal support de communication était la transmission orale, et nous pouvons imaginer que ce sont des générations de aèdes qui sont à l’origine de l’Iliade d’Homère.

Guillaume EDE incarne cet aède qui lui-même incarne un rescapé de la guerre de Troie qui a pour mission de témoigner des terribles circonstances de la chute de Troie.

Parole donc aux vaincus, aux victimes des guerres, celle que les poètes n’ont pu ensevelir alors même que le récit de cette guerre apologise le destin glorieux des Grecs.

Guillaume joint toujours le geste au poème très mouvementé du récit parcouru de très beaux chants macédoniens. La composition musicale de Claude GOMEZ à l’accordéon souligne merveilleusement la portée intimiste du récit, ses coutures à vif, cette tristesse qui s’emporte pour redonner du souffle à l’espoir.

Sur leur beau tapis d’orient, l’aède et le musicien captivent les spectateurs avec une histoire d’autrefois qui parle de la nôtre, soulevant avec délicatesse les rideaux de nos mille et une nuits !

Autre spectacle ...

Une vie de pianiste





Au Studio Hébertot 78 Bis Bd des Batignolles 75017 Paris

du 3 Septembre du 23 Octobre 2019, les mardis à 19 H, les mercredis à 21 H.

De Agnès Boury et Paul Staïcu / Mise en scène : Agnès Boury / Avec Paul Staïcu / Lumière Charly Hové / Son Allan Hové


Parmi les œuvres interprétées :
Elton John, Prokofiev, Led Zeppelin, Addinsell, Lalo Schiffrin, Piazzola, Ravel, Eroll Garner, Bach, Ten CC, Chopin, Claude François, Oscar Peterson, Schumann, Bobby Mc Ferrin, Paul Staicu.

Elles courent, elles courent les mains du pianiste, fines et nerveuses, elles dansent juste au-dessus des touches du piano
traversées par la musique comme les feuilles par les frissons d’air, aussi lestes que ces jeunes lézards qui semblent accrocher la lumière, remontent les murs puis disparaissent.

Pour saisir l’âme d’un pianiste, il faut regarder ses mains, il faut se souvenir qu’elles viennent de la forêt, une forêt musicale bien sûr, qu’elles ont tout entendu, tout mémoriser, qu’elles sont véritablement tactiles, elles sont l’orgue de chaque musicien.

Avec une belle simplicité, Paul STAIKU nous raconte sa vie de pianiste. Il est né en Roumanie, il y a une cinquantaine d’années dans une famille de musiciens et a joué du piano dès le plus jeune âge. Il a connu la dictature de Ceausescu qui interdisait la musique de jazz qu’il affectionne autant que la musique classique. Il sait ce que le mot liberté signifie car il a fui avec son père la Roumanie peu avant la chute de Ceausescu et celle du mur de Berlin et fait partie de ces migrants qui ont réussi à s’intégrer en France.

Il n’avait pour tout bagage que la musique mais il faut croire que c’est un passeport universel, un langage universel. Bien plus que les mots, une mélodie, une tirade musicale transportent nos émotions.

Paul Staiku rassure d’emblée le public, il n’a pas l’oreille absolue, et c’est une chance pour l’artiste qui dispose en revanche d’un sixième sens, celui de la fraternité musicale, la musique elle se partage, elle n’est pas réservée à un public initié, et en tant qu’ancien pianiste de piano bar, il sait ce que signifie jouer à la demande.

Sensiblement à l’écoute du public, presque timide avec un esprit vif et joyeusement fantaisiste, Paul STAIKU raconte donc sa vie comme s’il était en train de la jouer au piano. Et cela coule de source, le piano fait si bien partie de sa vie qu’il ne peut en parler sans être accompagné de cet instrument.

Ne manquez pas cette charmante rencontre avec le pianiste Paul STAIKU. Elle est modeste et limpide, elle rassénère les cœurs, en faisant ruisseler dans nos veines, les plus beaux airs dont rêve tout pianophile.




PAR : Evelyne Trân
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