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Littérature
par Patrick Schindler le 29 avril 2023

En mai le rat noir lit ce qui lui plait (mai 2023)

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En mai, la Grèce toujours à l’honneur avec Le Dicôlon de Yannis Kiourtsakis. Dans les Courants noirs de Nikos Kavvadias. En Apprentissage, avec Titos Patrikios. Direction : Londres pour Quatre comédies d’Oscar Wilde. Puis, dans la Prague de Franz Kafka : Trois fils, trois histoires. La Rome des Nouvelles romaines d’Alberto Moravia et du passionné, Caro Pasolini de Cyril Huot. Paris, en compagnie du Jeune homme d’Annie Ernaux. Enfin, Trois histoires de résistances sans violence contre la domination, par le Collectif de désobéissance libertaire.

« Habillez l’Apollon du Belvédère ou l’Antinoüs en porteur d’eau, reconnaîtrez-vous alors la divine création du ciseau grec ou romain ? » Honoré de Balzac (Les illusions perdues)



Photo de Thomas Fenollosa




Yannis Kiourtsakis : Le Dicôlon

Après ses études de droit à Paris, Yannis Kiourtsakis y vit une dizaine d’années. Influencé par les œuvres de Rainer Maria Rilke et Fiodor Dostoïevski, il devient essayiste, romancier et traducteur.
Il se fait reconnaître du public grec et français en 1995, avec Le Dicôlon, un roman évoquant son enfance et son adolescence. Son second roman autobiographique, Double Exil, évoque la suite de sa vie. Son œuvre littéraire gravite autour des thèmes de l’exil et de l’identité.



En introduction du Dicôlon (trad. René Bouchet, éd. Verdier), Yannis Kiourtsakis nous raconte comment un jour de 1986, le passé lui est brutalement revenu d’un coup. Par le biais du Dicôlon « ce personnage du théâtre populaire à deux corps qui porte en permanence celui de son frère mort sur son dos ».
Lui reviennent alors à l’esprit, ses premières années passées à Athènes dans sa maison familiale : un cocon. Avec, son père «crétois, âgé, vieillot mais aimant ». Sa mère « une tendre grincheuse » mais surtout, son grand frère, Harris, qui se suicidera à Bruxelles à l’âge de 26 ans.

C’est à partir de ces trois personnages que Yannis Kiourtsakis « remonte le passé pour le voir, à la fois, du dedans et du dehors ». Livre de « l’impossible retour », en quelque sorte.

La maison familiale, donc, située dans un quartier excentré d’Athènes. Cette ville qui n’était dans les années d’après-guerre, qu’une petite bourgade de province, mais très cosmopolite. Yannis essaie de retrouver ses premières impressions. Celles du petit garçon choyé, mais solitaire et introverti, contrairement à son grand frère Harris. Lui : énergique, déterminé et « presque inquiétant ». Jalousie réciproque. Découverte d’Athènes et du monde des grands. Mais comment faire le tri entre le mythe de l’enfance et la vérité ? C’est cette obsession qui conduira Kiourtsakis, bien des années plus tard, à se décider à ouvrir une malle contenant des papiers de famille. Stupéfait, il va alors,découvrir l’envers des chose. Tout d’abord, la vie rocambolesque de son père. Sa trajectoire dans une Grèce instable politiquement, marquée par les terribles épisodes de son histoire contemporaine (la Première guerre mondiale, la catastrophe de Smyrne, l’entre-deux guerres chaotique, la guerre Albano-grecque, la Seconde guerre mondiale et enfin, la guerre civile, « vécue dans la paranoïa des cocos », etc.).
Comment ce père aventurier et humaniste a bien pu se transformer en l’avocat bourgeois et réactionnaire, replié sur sa famille, qu’il a connu ? Comment cet homme, si gentil avec ses enfants, a-t-il pu entre autres, être le procureur qui inculpa les écrivains Panaït Istrati, Nikos Kazantazakis et Dimitris Glinos, accusés par la presse réactionnaire de « semer l’anarchie » ?
Yannis va en découvrir bien d’autres et plus encore, tandis qu’il relit dans la foulée, toutes les lettres de son grand frère Harris « le suicidé, ce mal dans sa peau, ce nostalgique, cet exilé permanent ». Découvrir la vérité qui se cachait derrière chacun de ses mots et chacune de ses formulations énigmatiques.

Nous pénétrons tout au long de ce livre passionnant dans la petite histoire : celle de la famille de Yannis Kiourtsakis s’étalant sur quatre génération, mais plus largement : sur l’histoire de la Grèce durant cette période. Pour en arriver à cette conclusion de l’auteur : « Finalement, nous ne sommes faits que des autres » ?

Nikos Kavvadias : Courants noirs


« Homme libre, toujours tu chériras la mer ! » Charles Baudelaire



Nikos Kavvadias est né en 1910 en Mandchourie russe où son père, originaire de l’île grecque de Céphalonie, était fournisseur des armées tzaristes. En 1914, la famille rentre en Grèce. Nikos intègre la faculté de médecine. Tandis que son père meurt, il est contraint de travailler dans une compagnie maritime. Dès 1928, il s’embarque comme novice sur un cargo marchand. Il ne quittera plus jamais les routes maritimes, de l’Extrême-Orient à l’Australie.
Il publie ses premiers articles et poèmes dans des journaux et revues. Après la guerre civile, durant laquelle il participe à la résistance communiste, il embarque à nouveau, cette fois-ci en tant que radio. Il publie Le Quart, son premier et seul roman en 1954. Jusqu’en 1974, il navigue sur des paquebots ou des navires de charge, avant de mourir un an plus tard.



Les éditions Signes et Balises ont envoyé au Rat noir, le tant attendu Courants noirs (œuvres poétiques complètes), de Nikos Kavvadias, en version bilingue (trad. Pierre Guéry).
Dans la préface, Pierre Guéry nous présente la vie et l’état d’esprit de Kavvadias, ce poète-marin (dont nous avons déjà commenté plusieurs de ses œuvres dans de précédentes chroniques). Ce volume rassemble ses recueils Marabout, Brume, Traverso et Autres poèmes, épars et inédits, dont la rédaction s’étale sur plusieurs décennies. Vaste programme.
Marabout donne le ton dès les première strophes « Les marins avec qui j’ai vécu disent de moi que je suis un bâtard, un râleur, un pervers, un fanatique de la coke, que je méprise les femmes et que je refuse de partager leur lit. Mais ce sont des mensonges montés de toutes pièces, et ce qui m’a déchiré -ma funeste blessure-, nul jamais n’en su rien car je ne l’ai jamais dit. Ce soir, pourtant quelque-chose d’insistant me pousse enfin à l’écrire pour dévoiler mes plaies depuis toujours secrètes… » Invitation à pénétrer son monde secret. Amours illusoires et alcoolisées dans les hôtels borgnes des ports du monde entier, bagarres parfois mortelles, une aventure masculine avouée avec un jeune Juif, etc. Tout l’univers de Kavvadias.
Certains poèmes évoquent le monde des marins et l’amour qu’ils vouent aux chats des cargos et qui, lorsque leur fin approche « leur donnent une dernière caresse et les jettent dans les flots hérissés en cachant leurs pleurs ».
Un poème évoque sa compagne, une guenon indienne opiomane.
D’autres, la mer « Jamais elle ne m’a quitté, cette mer qui quand elle rugit, me raconte bien des choses ».
Les marins qui « partout sur l’océan, saccagent ports et rades, répandent le choléra et la peste, mêlent à leurs rencontres à leur sperme malade ». Les marins anglais « qui sont les meilleurs gars que j’aie jamais connu ; toujours par deux, ils trébuchent en embarquant et bien souvent, sans même qu’ils s’en rendent compte, le bateau coule avec eux en rigolant ». Ces marins « qui ont fait le tour du monde, mais n’en ont pas vu grand-chose ». Kavvadias nous confie au passage : « Je hais le marin qui fait sa pelote. Il méprise la mer et pisse dedans ».
Ailleurs, des « odes à la mère » : « - Où vas-tu donc, mon fils ? – Je pars sur les bateaux, Maman ».
Pensées mortelles « On meurt plus lentement avec les drogues, mais depuis quelques temps, elles aussi sont frelatées ».
Pensées dans la brume « La Gorgone de proue, un soir, était schlass et plongea ».
Cauchemars des cargos avec « à bord, des rats dans les cales et des scorpions dans les pompes ».
Odes aux jeunes gens « On aimerait donner au gars, un rameau, une racine, un brin de basilic, pour rafraichir ses lèvres, ou communier avec lui dans des volutes de hasch » / « J’ai beaucoup dansé avec des demoiselles et quelques jeunes gars ».
Un conseil de drogué à son vieux capitaine bigleux : « Je connais une poudre magique sensass pour dilater tes paupières ».
Ou encore, ce poème dédié à Federico Garcia Lorca « Et toi, le corps en croix, gisant sur ta jument, cavale vers Cordoue une dernière fois à travers les pleins champs qui ont soif ».

Tout au long de son œuvre, Nikos Kavvadias dédie de nombreuses strophes à ses amis poètes dont, César Emmanuel, Melachrinos, Karavias, Ouranis, Liaroutsos, Seferis, Che Guevarra, etc.
La dernière partie du recueil présente pour la première fois, des « poèmes épars et inédits ». Ses premiers dits « de jeunesse », parus à partir de 1927. Ses poèmes écrits sous l’Occupation alors qu’il était proche du KKE (parti communiste grec) et des réseaux de Résistance. Enfin, d’autres textes que Nikos Kavvadia refusa de publier, ne les jugeant pas assez bons, mais qui tiennent ici, valeur de documents.

Titos Patrikios : Apprentissage



Titos Patrikios est né à Athènes en 1928. Diplômé du lycée Varvakeio puis, de la faculté de droit d’Athènes. Il exerce la profession d’avocat puis, durant l’Occupation allemande, participe à la Résistance avec l’EPON puis l’ELAS.
En 1944, il est condamné à mort par des collabos, mais son exécution est annulée à la dernière minute. Il est exilé deux années à Makronissos et Ai Stratis. Réfugié politique à Paris, il étudie la sociologie. Rentré en Grèce, il contribue aux soulèvements contre la Junte des colonels.



Morceaux choisis du recueil Apprentissage (éd. Desmos, traduction Michel Volkovitch). Annulation définitive : « Il voulait parler cet homme-là, il bégayait. Moi, j’étais pressé. Il a bégayé jusqu’au seuil. Un homme voulait me dire quelque-chose, et moi j’étais pressé ».
Gare du Nord : « L’ami très cher, devenu ennemi, puis étranger / Le vieux film il ne repasse presque jamais / Et toi qui te changeait déjà en souvenir dès avant le départ du train ».
Les bagages : « Mon dieu, qu’est-ce qui m’arrive de ne plus aimer personne ? »
Soir de carnaval : « Dans la cellule je n’avais pas encore compris ceci : la nature commençait par moi, les gardiens ne pouvaient rien me prendre ».
Démon : « C’est du corps que sort le démon, que sortent et s’allongent tentacules et grappins vers l’autre corps, pour aspirer les regards, étreindre les membres, extraire les entrailles, c’est du corps que débordent les conduits de salive, de sperme, de sueur, assemblant tels des engrenages, les corps sinon démunis, isolés » ...
A découvrir.

Oscar Wilde : Quatre comédies



Oscar Wilde est né à Dublin en 1854, dans une famille bourgeoise protestante. Culture classique, parcours scolaire brillant. A l’université d’Oxford, il se construit un personnage d’esthète, s’installe à Londres et s’insère dans la « bonne société », s’illustrant dans plusieurs genres littéraires et exerçant une prolifique activité de journaliste.
Si le Portrait de Dorian Gray ne pose pas de problèmes, sa pièce Salomé, mettant en scène des personnages bibliques, se heurte à la censure victorienne. Wilde n’en perd pas pour autant son aura et sa notoriété, due à son esprit mordant et à sa personnalité. Au faîte de la gloire, il ose poursuivre le père de son amant, Alfred Douglas pour diffamation. S’ensuivent trois procès retentissants et une condamnation à deux ans de travaux forcés. Ruiné, à sa sortie de prison en 1897, il s’exile en France. Il y fréquente Marcel Proust, Pierre Louÿs, Victor Hugo, Paul Verlaine, Sarah Bernhard, etc. Ruiné, il est soutenu financièrement, notamment par Gide et Robert Ross. Mais, brisé, il meurt dans le plus grand dénuement, à l’âge de 46 ans.

« Le mariage, c’est résoudre à deux, les ennuis que l’on n’aurait pas eus, seul ! »
Sacha Guitry

En introduction de cette nouvelle version, fidèle aux Quatre comédies d’Oscar Wilde (éd. Babel), Pierre Laville nous explique en avant-propos, le succès du théâtre à la fin du XIXe siècle et notamment celui d’Oscar Wilde, à Londres.
Dont quatre de ses comédies. Trois touchent plus particulièrement aux thèmes de la morale et de la vertu, version Wilde « La morale n’est qu’une forme d’autorité que l’on exerce sur les gens qui ne nous sont pas sympathiques » ! Plus légère, la quatrième pourrait s’inscrire dans le registre d’un Eugène Labiche ou d’un Georges Feydeau. Mais les « comédies » de Wilde lui permettent surtout d’y glisser sous forme d’humour, nombre de critiques politiques et sociales, mettant en relief l’hypocrisie de l’aristocratie.
Quelques exemples :
D’une vieille aristocrate effrayée : « En ces affreuses années de socialisme… Dans ma jeunesse, on n’invitait jamais un homme qui était obligé de travailler pour vivre."
Bribes d’un dialogue classiste : « Je suis sûr que vous n’accorderiez pas le droit de vote aux gens sans instruction.
- Je crois au contraire que ce sont les seuls à qui l’ont devrait l’accorder
» !
Pris ailleurs : « Je n’ai jamais connu une femme qui parle autant pour ne rien dire. Elle devrait devenir député »
Ou encore : « Aujourd’hui, les espions n’ont guère plus d’utilité. Les journaux font leur besogne à leur place ».

Quand il écrit ces quatre pièces, Wilde n’est pas encore ostracisé. Elles vont remporter le même triomphe à Londres. Dans la première, Lady Windermere, Madame Erlynne, connue pour ses scandales s’impose chez un couple d’aristocrates, les Windermere. Pour quelles raisons ? Elle en a que nous allons découvrir en même temps que Lord Windermere. Révélations qui vont semer la zizanie au sein du couple. Cette petite satire de la société victorienne, de sa morale et de ses codes, est truffée de belles saillies. D’un dandy célibataire débauché : « Les mauvaises femmes nous charment, les femmes vertueuses nous ennuient ». / « Je peux résister à tout, sauf à la tentation ». / « La vie me parait trop grave pour que je la prenne au sérieux » / « Quand les hommes cessent de dire des choses charmantes aux femmes, ils ont fini de les penser », etc.
Dans la seconde, Une femme sans importance, Mme Arbuthnot est entièrement vouée à l’éducation de son fils, né d’une union illégitime. Un « généreux » aristocrate lui offre l’opportunité d’une belle carrière. Quelle est sa réelle motivation ? Autre occasion pour Wilde de caser quelques flèches verbales ou vérités : « Les plaisirs simples sont les derniers refuges des hommes compliqués » / « Les hommes veulent toujours être le premier amour d’une femme. Nous, ce que nous aimons c’est être le dernier d’un homme » / « Un mari idéal devrait nous apprécier pour les qualités que nous n’avons pas, et nous reprocher sans pitié les vertus que nous n’avons jamais eu envie de posséder. / Les hommes se marient par fatigue, les femmes par curiosité » …
Dans la troisième, Un mari idéal, la fatale Mrs Cheveley menace de révéler un secret compromettant du passé de sir Robert Chiltern. Celui-ci voit alors s’effondrer avec effroi, sa carrière et son mariage. Ici encore, de belles trouvailles : « La mode c’est ce que l’on porte soi-même, ce qui est démodé, c’est ce que portent les autres / Je dis toujours la vérité pour commencer, histoire de m’en débarrasser » …
Enfin, dans L’importance d’être constant, pour mettre un peu de piment dans leurs vies, deux jeunes gens décident de se créer chacun un double. L’un s’invente un frère et l’autre, un sosie. Les choses vont se compliquer le jour où les deux doubles vont se croiser. D’où quelques vérités. De la bouche des hommes : « Dans les affaires importantes, c’est le style qui compte, plus que le contenu / Si un jour je me marie, je ferai tout pour l’oublier » / De la bouche des femmes : « Je ne l’ai pas vue depuis la mort de son pauvre mari. Elle est bien changée. Elle parait vingt ans de moins / Je m’intéressais déjà à vous avant de vous connaitre »
Une dernière ? « En vieillissant, les femmes deviennent comme leurs mères. C’est leur drame. Et les hommes jamais, c’est une tragédie ! ».
Quatre petites pièces bien réjouissantes en surface, et édifiantes en profondeur ! A déguster.

Franz Kafka : Les fils, trois histoires



Dans la préface de Les fils, trois histoires (éd. Allia, trad. Alexandra Cade), Alexandra Cade nous donne un éclairage très intéressant sur l’histoire de ce petit volume. Franz Kafka avait décidé à plusieurs reprises, de faire paraitre trois petits récits (Le Verdict, Le Mécano et La Métamorphose), sous la forme d’un seul recueil. Il n’y parvint pas de son vivant. Pourtant, il considérait ces trois textes comme les seuls valables avec trois autres, sur l’ensemble de toute son œuvre. Il demanda à son ami Max Brod de brûler les autres. Ce que ce dernier se refusa, heureusement, de faire.
Voilà donc ces trois récits réunis dans cette édition, selon son vœux. Pour Alexandra Cade, ils évoquent parfaitement les thèmes essentiels à l’auteur : le rapport à la « loi », le jugement, le châtiment, la séparation, l’exil et l’exil intérieur (la métamorphose). « Ils ont en commun un style et des personnages dont les sens, comme les acteurs de théâtre tragi-comique, semblent se dérober en permanence ». Alexandra Cade ajoute qu’ils peuvent considérés comme liés à la spiritualité juive, à l’univers de la Kabbale et du théâtre yiddish. En revanche, la préfacière néglige trop, à mon sens, un autre aspect prédominant chez Kafka : dénoncer l’autorité et l’écrasement de l’individu par la machine administrative [note].
Pour résumer, Le Verdict raconte, grosso modo, l’histoire de Georg Bendemann tandis qu’il écrit à son meilleur ami, exilé en Russie, pour lui annoncer ses fiançailles. Mais l’action monte en intensité lorsqu’il demande à son père, veuf et malade, s’il doit envoyer sa lettre ou non à son camarade. Le père commence par mettre en doute, l’existence même de son ami ! Ce qui provoque une avalanche de quiproquos et de contradictions qui vont aboutir à un véritable drame. Le Verdict, est peut-être un des textes qui, avec la Lettre au père, définie le mieux le malaise inextricable chez les Kafka, entre père et fils.
Le second récit, Le Mécano, est la forme primitive du premier chapitre du Disparu, roman de Kafka, qui sera plus tard, intitulé L’Amérique, par Max Brod. Le héros Karl Rossman, est envoyé en Amérique par ses parents qui veulent se débarrasser de lui, après qu’il a séduit leur bonne et eu un enfant avec elle. Arrivé à New-York, Karl perd sa valise et son parapluie. Parti à leur recherche, il tombe sur un mécano qui lui parait tout d’abord suspect puis, se laisse séduire. Il décide alors de prendre sa défense auprès de ses supérieurs. S’ensuit une scène des plus « kafkaïenne », à moultes rebondissements. Le Mécano enrichit le rapport à l’autorité du père d’une implacable critique sociale, colorée d’un humour noir foudroyant.
La Métamorphose, enfin : « Lorsqu’un matin, Grégor Samsa s’éveilla d’un sommeil peuplé de rêves agités, il se retrouva métamorphosé dans son lit en un monstrueux insecte nuisible. Il était allongé sur son dos dur comme une carapace et apercevait, à chaque fois qu’il soulevait légèrement la tête, son abdomen rebondi, brun, strié de nervures arquées, sur le dessus duquel la couverture près de glisser entièrement, parvenait encore tout juste à se maintenir. Ses nombreuses pattes d’une pitoyable maigreur au regard du reste de son corps, s’agitaient avec une fébrilité désespérée devant ses yeux. Que m’est-il arrivé ? ». Oui, qu’est-il arrivé à Grégor Samsa ? Cauchemar ou hallucination ? La Métamorphose est un savant mélange entre vengeance paternelle, culpabilité filiale et hymne à la différence. Lu à la suite des deux autres, ce texte prend toute sa dimension.
L’ensemble est une occasion rêvée de découvrir ou redécouvrir l’univers unique de Franz Kafka, un des plus grands écrivains du XXe siècle !

Alberto Moravia : Nouvelles romaines



Alberto Moravia est né en 1907, dans une famille de quatre enfants, d’un père d’origine vénitienne et juive, d’une mère d’origine dalmate. A neuf ans, il est atteint de la tuberculose et séjourne en sanatorium, ce qui l’empêche de suivre ses études, mais pas de se cultiver.
Il commence à écrire à partir de ses dix-huit ans. Son roman surréaliste L’indifférent, fait scandale à cause de sa critique radicale de la bourgeoisie romaine. Son antifascisme radical et ses origines juives contribuent à la précarité de sa situation. Pour échapper à « l’atmosphère étouffante du fascisme italien », il séjourne en Europe, en Amérique et en Chine. De retour en Italie durant la Seconde guerre mondiale, il est recherché par les fascistes et se réfugie dans les montagnes. Il ne retourne à Rome qu’en 1944, où il commence à devenir célèbre.



Dans la présentation de Nouvelles romaines (éd. GF, traduction Claude Poncet), Nino Franck tente de désacraliser le mythe Moravia « ce grand voyageur, écrivain incommode et immoraliste qui sent le soufre », influencé par Dostoïevski et Rimbaud, « décadent maladif qui fleurtera avec l’extrême-gauche, antifasciste radical, antisocial et interdit de publication sous le règne de Mussolini ».
Ses trente-six petites nouvelles, paraissent en 1954. Elles traitent de « l’ennui millénaire romain qui s’est poursuivi jusqu’aux années d’après-guerre entre le marché noir, les Nègres américains et les filles à soldat ». Toutes se déroulent dans cette Rome d’après-guerre dont Alberto Moravia fouille les moindres recoins. Ses tavernes, restaurants, faubourgs populaires (Tormarancio). Les rives polluées du Tibre, son bord de mer souillé. Rome, dans laquelle à l’époque on se déplace comme on peut. En scooter, en charrette, les plus chanceux en taxi et « même en autos ».

Rome et sa population que Moravia prend plaisir à décrire. Ses personnages : beaucoup sont laids, souvent pauvres (ils détestent les jours fériés), immigrés, petites frappes, voleurs minables. On les trouve « du plus haut au plus bas de l’échelle sociale populaire ». Des « Ciociaras », ces femmes de ménage, anciennes paysannes des régions pauvres romaines venues faire trois sous en ville ; des hommes sandwichs à vélos ; des commis de magasins ; petits commerçants, garçons de café, infirmières, ouvriers des fabriques, fleuristes, etc. Trente-six types de personnages et autant de petites histoires.
Notamment, celle d’un pauvre homme qui se pose pour unique question « Que faire lorsque l’on est pauvres, que l’on a déjà six enfants à nourrir et pas assez de sous pour se payer le cinéma ? En faire un septième ou s’en débarrasser ? ». Celle de trois jeunes romains qui demandent à un chauffeur de taxi de les déposer dans un endroit tranquille. Pour quoi faire au juste ? Celle d’un camionneur qui au premier abord, parait banal mais petit-à-petit, révèle la profondeur de sa pensée. Embrouilles familiales au beau milieu d’un salon de coiffure. Le « truc » d’un ramasseur de chiens. Le destin tragique d’un pitre. Celui, tout aussi pathétique, d’un « avorton qui ne se voit jamais tel qu’il est mais tel que les autres le voient ». D’un nain. D’une « princesse romaine aussi belle qu’avare ». D’un prisonnier qui, libéré, dit malencontreusement au directeur de la prison un « Au revoir » qui ne peut que lui être fatal !
Portraits certes sans concession, mais non sans tendresse et humanisme. Dans certains de ces textes, Moravia s’exprime à travers ses personnages. Comme lorsqu’il nous confie « Je n’ai jamais eu une grande passion pour les femmes. Je ne les comprends pas et elles ne me comprennent pas ». Est-ce pour ce genre d’aveu que certaines féministes l’ont accusé et l’accusent toujours de phallocratie ? Pourtant si phallocratie il y a, ne faut-il pas en chercher les raisons dans le contexte social de son époque ? Et quelle époque !

Cyril Huot : Caro Pasolini



Cyril Huot, est l’auteur de livres consacrés à Katherine Mansfield, Thomas Bernhard et Roland Barthes. Son ultime recueil, Caro Pasolini, publié de façon posthume, est dédié au poète-cinéaste.



Curieux et fascinant petit ouvrage que ce Caro Pasolini (éd. Tinbad, Roman) de Cyril Huot. Truffé de documents originaux et de magnifiques photos, il se compose d’un ensemble de lettres qu’un certain « Eiffel » (le double de Cyril Huot) adresse à Pier Paolo Pasolini, après sa mort ! Missives dans lesquelles Eiffel se plaint à Pasolini qu’il ne répond pas à ses lettres ! Eiffel se donne l’autorisation de le tutoyer « par-delà la vie et la mort ».
Ses messages commencent sur un triple aveu. Primo, Eiffel avoue n’avoir pratiquement rien lu de Pasolini, avant de découvrir son recueil posthume Petrolio. Secundo : il n’est pas un inconditionnel de ses films. Tertio : il ne les admire pas aveuglément et lui reproche notamment, « ses positions réactionnaires sur l’avortement, le divorce, la génération post-soixante-huitarde et la libération sexuelle chez les jeunes-filles ».
Nous vous laissons découvrir l’ensemble de son argumentaire.

Ensuite, Eiffel nous fait relire l’incontournable Pétrole, puis redécouvrir ensuite, un texte peu connu de Pasolini : Mimesis, « d’une curiosité, d’une intelligence et d’une lucidité littéralement infernale ». Et pour cause : le poète y décrit d’une façon prophétique, les conditions de sa propre mort sur la plage d’Ostie, assassiné par un petit tapin de 17 ans.
Plus loin, Eiffel s’amuse. Il envoie, par exemple à Pasolini une photo du film tourné par un mystérieux « Cyril Huot » (qui n’est autre que Eiffel !) avec pour héros : l’acteur Pierre Clémenti, véritable sosie de « l’Ange du Terrible », le héros de Théorème. Il lui adresse également les lambeaux d’un scénario sur sa mort, intitulé « Vie et mort d’une brute » !
Suit, une analyse longue et fouillée du film provocateur de Pasolini, Salo ou les 120 journées de Sodome. Dont le cinéaste disait lui-même, pour se justifier des scènes de scatologie et de violence : « Je suis de la race de ceux qui chantent dans les supplices » …
Eiffel règle ensuite ses comptes au sujet du film de Pasolini L’évangile selon Saint Mathieu. Il pense qu’il eut mieux fait d’en faire un, d’après L’Evangile selon Saint Jean, l’amant du Christ ! Eiffel lui explique encore pour quelles raisons il n’a pas aimé Théorème, plébiscité même par les curés !
Intarissable, Eiffel nous donne quelques variations sur les fantasmes pasoliniens dont l’apologie de l’inceste dans Œdipe roi. Il lui reproche encore d’avoir la sale habitude de « planter son lecteur en plein texte » et pour qui « à la différence de Jean Genet, la révolte s’exprimait dans la douleur et la passivité ».
Eiffel nous rappelle qu’Alberto Moravia, fut l’un des seuls qui défendit Pasolini contre les nombreuses agressions verbales dont il fut victime (autant des fascistes que des communistes).
Nous sommes ensuite invités à écouter un dialogue, entre Eiffel et Cyril Huot !
Le livre se termine par la version d’Eiffel sur la mort du cinéaste, avant de nous expliquer pourquoi le nom de Pier Paolo Pasolini est passé à la postérité. Et comment il est devenu dans le langage des voyous, synonyme d’homosexuel et de pervers. Enfin, dernière question : Peut-on devenir fou à cause de Pier Paolo Pasolini ?
« Pourquoi réaliser une œuvre, alors qu’il est si beau de la rêver ? »
(Derniers mots du Décaméron)

Annie Ernaux : Le jeune homme



Annie Ernaux, est née en 1940 à Lillebonne (à l’époque Seine inférieure). Agrégée de Lettre modernes en 1971, elle devient professeure et entre en littérature en 1974.
Son œuvre littéraire, pour l’essentiel autobiographique, entretien des liens étroits avec la sociologie.



« Si je n’écris pas, les choses ne sont pas allées à leur terme, elles ont été seulement vécues ». C’est sou ce leitmotiv qu’Annie Arnaux nous présente Le jeune homme, petit recueil de 37 pages (éd. Gallimard). Pour nous raconter, dans un style concis, sa rencontre avec un jeune étudiant, âgé de trente ans de moins qu’elle.
Elle se demande pourquoi elle a cédé à sa demande de la rencontrer, in visu, après la correspondance qu’ils ont échangée depuis plus d’un an ? Pour fêter le 3ème millénaire ? Afin de transformer sa propre personne en un personnage de fiction ? Pour s’obliger à décrire cette rencontre ? Ou, plus simplement parce que le jeune homme est Normand et issu d’un milieu simple, tout comme elle ? Ou bien encore, pour toutes ces raisons à la fois ?
Lorsqu’il entre dans sa vie, ce jeune homme, « semblable au héros de Théorème de Pier Paolo Pasolini », devient « le révélateur de la mémoire du monde premier » d’Annie Arnaux.
Cette révélation va non seulement lui faire revivre les moments clés de sa vie, mais aussi la faire s’interroger sur la différence d’âge, le rapport entre les sexes et la perception qu’en ont les gens. Intéressant.

Collectif de désobéissance libertaire : Trois histoires de résistances sans violence contre la domination



Dans l’introduction de ces Trois histoires de résistances sans violence contre la domination (éd. Atelier de Création libertaire), le Collectif de désobéissance libertaire pose on ne peut plus clairement, la question de la résistance sans violence opposée (voir apposée), à la résistance violente.
Pour beaucoup d’entre-nous, « l’idée de non-violence et de résistance passive porte en elle, une part d’inertie et d’immobilisme ». C’est pourquoi Maria J. Stephan et Erica Chenoweth tentent de nous prouver par l’exemple que, si en effet, une campagne non-violente sur quatre se conclue par un échec, les mouvements principalement non-violents atteignent eux, deux fois plus souvent leurs objectifs !
Trois preuves par les faits.
Pour commencer : comment sous l’occupation nazie, les professeurs norvégiens vinrent à bout de Quisling, un policier norvégien aux ordres du gouvernement pronazi dans la province norvégienne, contrôlée par le IIIe Reich d’Hitler ? Nous allons le découvrir dans le récit d’un de ces professeurs qui consigné les événements au jour-le-jour. Occupations de locaux, fabrication de journaux clandestins, symboles de résistance et enfin, organisation secrète d’une résistance non violente et massive, après l’arrestation de nombre de ces professeurs récalcitrants. Leur déportation en camp de concentration, puis dans les fins-fonds de l’Arctique. Comment, malgré la faim, les tortures et les morts, ils ne lâchèrent rien.
Le second récit évoque la résistance héroïque des femmes juives de Berlin en 1942, après la « rafle finale » décidée par Goebbels et l’envoi en déportation de tous les allemands juifs, y compris ceux mariés avec une Aryenne ou un Aryen. Le 28 février, ils et elles sont enfermés dans un bâtiment de la Rosenstrasse. Frau B. raconte en détail dans son témoignage, la réaction dès le lendemain et les jours suivants (jusqu’au 6 mars), des femmes et maris de ces prisonniers. Ils viennent dans un premier temps aux nouvelles devant le bâtiment aux cris de « Gebt uns unsere Männer wieder ! » (« Rendez-nous nos maris ! »). Face à une Gestapo menaçante et des SS qui tentent de les expulser violemment. Apprenant l’ampleur que prend le mouvement, Goebbels décide de faire machine arrière et met fin (provisoirement hélas) aux arrestations des personnes en couple mixte (Mischehen, dans l’argot nazi) !
Enfin, le troisième exemple raconte en détail, la résistance des Tchèques à l’invasion de l’armée russe, le 21 août 1968, par 250 000 soldats. Le président Dubcek décide, afin d’éviter les massacres qu’ont connu les Hongrois en 1956 après les émeutes violentes contre le régime communiste, d’éviter une résistance armée. La population tchèque écoute son conseil et oppose alors à l’armée russe, une résistance non-violente. Signes de paix devant les chars, baisers des couples d’étudiants, slogans symboliques, humour noir et subversif, boycott des cheminots tchèques, brouillage des ondes, etc. Ceci aboutissant à un dialogue entre la population et les soldats russes. Du coup : plusieurs bataillons sont rapatriés à Moscou, des soldats désertent. Mais hélas, Dubcek est kidnappé, envoyé en Russie soviétique et enfin, forcé d’accepter la capitulation. Ceci n’empêchant nullement de citer les longs jours de résistance non-violente de la population tchèque.
Ce petit recueil s’achève par un rappel de la « contagion des actions non-violentes » dans les Pays de l’Est, avant la « chute du mur ». Avec la Charte 77 de Vaclav Havel en Tchécoslovaquie, Solidarnosc à Gdansk en 1980, etc.
Pour terminer, les auteurs évoquent la réaction non-violente des Ukrainiens, dans un premier temps, contre l’invasion du pays par les chars russes de Poutine. Du moins, jusqu’à ce que le président ukrainien, Zalensky adopte la défense par les armes …
Un ouvrage à méditer !

Patrick Schindler, individuel FA, Athènes










PAR : Patrick Schindler
individuel FA, Athènes
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