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Littérature
par Patrick Schindler le 3 juin 2023

Le rat noir répond à l’appel de juin

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En juin, la Grèce, encore et toujours ! Double exil de Yannis Kiourtsakis et Le miracle et la tragédie, son coup de gueule à l’occasion du bicentenaire de la Révolution grecque de 1821. Le Dernier Ange d’Olga Votsi, puis : essayer de savoir quel fut Le premier mot de l’humanité avec Vassilis Alexakis. Serge Bouchard & Marie-Chistine Levesque nous racontent ensuite, l’histoire de Ces Indiens qui étaient l’Amérique ! Suivent, le Moll Flanders de David Defoe ; Une jeunesse allemande de Golo Mann ; Le Monde selon Orwell de Stéphane Encel et, suite logique : KL Complots et Caducées de Hélène Honnorat. Et pour finir, un peu de poésie, avec les Feuilles volantes de Monica Jornet.

Oscar Wilde au sujet des femmes :
« Nous nous amusons plus que les hommes précisément parce que c’est à nous qu’on interdit le plus de choses »



Visages d’Athènes, Thomas Fenollossa, juin 2023

Deux ouvrages de Yannis Kiourtsakis : Double exil et Le miracle et la tragédie



Après des études de droit à Paris, où il vit une dizaine d’années, il devient essayiste, romancier et traducteur et se fait connaître par Le Dicôlon (déjà chroniqué dans la précédente chronique de mai). Édité en 1995 chez Verdier, ce livre évoque l’enfance et l’adolescence de Yanis Kiourtsakis. Son second roman autobiographique, Double Exil, retrace sa jeunesse de ses dix-huit ans, jusqu’au début de la rédaction de Le Dicôlon. Rainer Maria Rilke, Fiodor Dostoïevski et la culture populaire de son pays, font partie de ses principales influences. Son œuvre littéraire gravite autour des thèmes de l’exil et de l’identité.



C’est en1960 que nous retrouvons Yannis Kiourtsakis dans Double exil (éd. Verdier, traduction René Bouchet). Il a alors 18 ans et se remet à peine du suicide de son frère Harris, quelques mois plus tôt, « durant une triste soir de janvier à Bruxelles ». Yannis, alors étudiant en Droit et histoire à Paris, « est là, sous sa fenêtre à attendre. Il siffle les premières notes de la Cinquième symphonie de Beethoven qui leur sert de mot de passe. Le bruit de la rue finira bien par s’apaiser dans un moment et elle se montrera à la fenêtre ».
Car Yannis, cet exilé volontaire et solitaire, est tombé amoureux de Gisèle, une jeune fille de « bonne famille française ». Mais, c’est faire fî de la xénophobie qui règne dans le Paris de ces années-là. « Est-il arabe ? En tous cas c’est un étranger », réflexion qu’il entend quotidiennement à son sujet, aussi bien de la part des flics que sortant de la bouche des parents de Gisèle. Alors, pourquoi s’obstiner à rester en France, « inconnu au milieu des inconnus, dans l’antique nuit ténébreuse ce monde faustien, froid, capitaliste et matérialiste qui cache et isole les hommes, qui sème l’insécurité et la peur » ?
Oui, Yannis se sent perdu entre cette France qui en ce début de l’année 1961, redoute un coup d’état de l’extrême droite et sa Grèce natale, devenue pour lui, un mythe. L’été suivant il se décide à emmener Gisèle découvrir Athènes. Nous la découvrons avec elle. Après ce break, il faut bien se résoudre à retourner à Paris, terminer leurs études. Mais, à 23 ans, Yannis doit effectuer son service militaire en Grèce. Passage passionnant du livre, parmi des gradés rendus paranoïaques après l’assassinat du député de gauche Lambrakis et le conflit de Chypre.
Tout ceci dans le contexte de la dictature du Colonel Papadopoulos, des arrestations et déportations de tous les opposants au régime des Colonels.
Courage : fuyons ! Yannis, « l’éternel étudiant », rejoint Paris avec le flot des réfugiés grecs qui y affluent. Les années passent, et Paris se réveille quelque peu avec Mai 68, « Ce train parti à toute allure ». Yannis regarde, observe tout, mais nous explique pour quelles raisons, comme à son habitude, il ne participe pas.
Le désenchantement, le retour de De Gaule seront-elles les seules raisons de son retour à Athènes ? Si oui, pour faire quoi, « dans une ville où les gens vivent cloitrés dans des cages à lapin, la peur au ventre, entre leurs concierges et les kiosquistes vendus au pouvoir » ? Comment Yannis et Gisèle vont-ils y vivre la révolte des étudiants en 1973 ? Toujours en spectateurs ?
On connait la suite des événements : la chute des Colonels en 74, l’avènement du Pasok au pouvoir, mais après tout ça, lorsque sa femme va mourir, à quoi va ressembler la vie de Yannis ? « Que faire à présent, je n’avais plus beaucoup de latitude, alors que je n’avais rien réussi, pas même à écrire de la poésie » !
En attendant, que de personnages croisés dans ce autobiographie : grands romanciers et grecs et français, légendes du cinéma (dont Jacques Tati), peintres, philosophes et nostalgie des grands musiciens (dont Jacques Offenbach) …
Voyage solitaire d’un éternel exilé, souvent sombre et nostalgique, heureusement illuminé par des visions magnifiques et « des paysages grandioses, léchés par les éternelles eaux méditerranéennes » ...



Dans le Miracle et la tragédie, « 1821/2021 : La Grèce entre le monde d’Homère et la province mondialisée » (éd. Cambourakis, trad. René Bouchet), Yannis Kiourstsakis nous prévient d’emblée : « Je n’ai pas la prétention de dire quoi que ce soit de nouveau sur la guerre d’indépendance grecque de 1821 ». Et pourtant …
Kiourtsakis essaie de répondre à bon nombre de questions restées, à son avis en suspens à ce sujet. Par exemple, comment soudain le pays le plus « vieux d’Europe » que l’on croyait mort et altéré, a-t-il pu renaitre de ses cendres ? Qu’est-ce qui a poussé les Romioi (chrétiens de Grèce) à se lancer dans une révolution avec l’espoir d’être à nouveau des Grecs ? Comment Klephtes, Armatoles, villageois, armateurs, marins de la mer Egée, commerçants, lettrés et politiciens de la diaspora d’Orient et d’Occident (philhellènes venus combattre en Grèce), sont-ils parvenus à s’unir sous l’étendard de 1821 ? Avec l’objectif commun de fonder un nouvel État européen et de se débarrasser de l’emprise des Ottomans, « les entraînant dans huit années de guerres et finalement, à la condamnation de plusieurs des révolutionnaires grecs » ?
Pour Yannis Kiourtsakis « à la base, ce mouvement de masse était d’essence populaire et démocratique. Mais après les années révolutionnaires, plusieurs visiteurs étrangers constatèrent le résultat : la Grèce postrévolutionnaire était devenue un chaos informe ». Kiourtsakis va nous ensuite nous expliquer pourquoi les Grecs « ariens occidentalisés » n’ont pas pu se reconnaitre à travers le roi bavarois Othon que les puissances étrangères leur avaient imposé. Puis, il commente les années du prétentieux « rêve de la Grande idée » (une « nouvelle Grèce reconquérant ses comptoirs perdus d’Asie Mineure») …
Suit un passage passionnant sur le problème récurrent de la langue, entre le Katharévousa (langue des élites) et le Démotique (langue populaire). Ceci dans le contexte plus global « d’une Grèce moderne qui s’avéra aussi bien incapable de faire revivre la civilisation antique que de devenir un état moderne ».
La Grèce serait-elle chaque fois quelque-chose de différent de ce qu’on attend d’elle, se demande alors Yannis Kiourtsakis ? Quid de la place de la culture grecque dans la culture moderne occidentale ? Au sein de deux civilisations « qui se sont souvent vivement affrontées et s’affrontent encore aujourd’hui, comme on a pu le constater encore durant la "crise européenne", dans une Grèce qui demeure, hélas, raciste et xénophobe » !
Dans un pays qui a dû pourtant assimiler, avec plus ou moins de succès au cours de son histoire récente, toutes les vagues successives de réfugiés d’Asie Mineure.
Yannis Kiourtsakis nous demande alors, de réfléchir avec lui sur le sens caché d’une magnifique photo datant de 1922, montrant des réfugiés certes harassés, mais souriants !
Suit une petite leçon d’histoire au sujet du peintre Doménicos Theotocopoulos qui quitta la Crète en 1567, pour s’installer à Venise. Il évoque pour nous Dyonisios Solomos, Andreas Calvos et Constantin Cavafi, ces trois grands poètes grecs qui ne connaissaient pas le grec !
Dans une conclusion qui se veut tout sauf très optimiste, il nous propose de réfléchir sur la montée en Grèce des nationalismes, la nouvelle génération « qui ouvre rarement un livre » et les anarchistes d’Exarchiea « qui, s’ils enlaidissent de graffitis les façades des immeubles, tirent cependant aussi la ville de sa torpeur avec leurs mots d’ordres radicaux ».
Une passionnante analyse révélant beaucoup d’aspects trop souvent passés sous silence par d’autres auteurs. Passionnant.

Olga Votsi : Le Dernier ange



Olga Votsi est née au Pirée en 1922, où elle fait ses études secondaires, puis, supérieures à Athènes. A 18 ans, elle commence à écrire des vers et suit son mari à Bonn, où elle obtient un diplôme de littérature allemande. Elle découvre les poètes mystiques allemands, ce qui oriente sa poésie vers la spiritualité et la quête de l’absolu. Elle traduit les Lettres à son père de Franz Kafka et les poèmes en prose de Georg Trakl. Elle montre parallèlement, une vaste connaissance de la littérature grecque de l’Antiquité, de la poésie néohellénique.



Selon Renée Jacquin, traductrice du Dernier Ange (éd. Orphée), Olga Votsi rappelle souvent dans ses œuvres, le « mystique » Rimbaud dans sa quête de l’absolu. Rimbaud Henry Miller disait : « Apprendre à lire Rimbaud, c’est apprendre à lire le message de l’âme, ce qui présuppose un état de désespoir ».
Et mystique, Olga Votsi, l’est. Chacun son truc !
Quelques aspects de son univers. Elle voue également un culte particulier à la nature et aux animaux : « Mémoire d’oiseau, d’hirondelle, mémoire de l’eau, couronne du monde qui nous glorifiait d’un bord à l’autre, choses naturelles et simples que nous tenions parfois dans nos mains comme des galets ». Évocations marines du Dernier Ange : « Tu sentais en toi, de même que le bateau, la caresse de l’eau ». Une autre ? « Sous peu, tu plongeas, poisson dans l’océan. Elle s’enfuira la douce sensation de l’écoute attentive de tous. Sourd, tu évolueras dans les grands sons que tu as tant adorés. Ils te frapperont le corps, énormes poutres, mais toi, tu ne les entendras pas ».
Ou encore, quelques relents de poésie néo-hellénique : « Œdipe. Tu t’es dressé, un cri glacé sur tes lèvres. Tu ne peux penser, tu ne peux croire encore que tu as dormi pour une nuit éternelle, sur ton innocence, sur ta culpabilité ».
Pour n’en citer que quelques aspects. Les autres à découvrir dans ce petit volume …

Vassilis Alexiakis : Le premier mot



Vassilis Alexakis est né en 1943 à Athènes. A l’âge de 17 ans, il reçoit une bourse et emménage à Lille pour étudier le journalisme. Insuffisante, il doit faire la plonge dans un restaurant. Après ses études, il rentre en Grèce, à cause du service militaire, mais revient s’installer à Paris en 1968, après le coup d’État militaire grec d’avril 1967. Il a collaboré comme journaliste, dessinateur humoristique et chroniqueur, à plusieurs journaux dont Le Monde, La Croix, La Quinzaine littéraire et durant quinze ans, Le Monde des livres. Bien que fréquemment présenté dans la presse comme un écrivain franco-grec, Vassilis Alexakis déclarait ne jamais avoir entrepris de démarche pour obtenir la nationalité française, se considérant comme un « écrivain grec francophone ».



Mitiadis, le héros du Premier mot (éd. Folio), le double de Vassilis Alexadis, a quitté la Grèce en 1967, année de la prise du pouvoir par la Junte des Colonels. Il a terminé ses études de littérature comparée à Paris et décroché un poste de professeur à l’Institut des langues. Marié à une Grecque, deux enfants, Mitiadis n’était retourné en Grèce qu’après la chute des dictateurs et très malade, mourut assez jeune.
Sa sœur, qui l’a accompagné jusqu’à ses derniers moments, va donc nous raconter en détail, leurs derniers échanges et leur grande complicité. Fascinée par son frère, un amoureux des mots, elle entretenait avec lui des rapports intimes et de connivence. Après avoir évoqué leur enfance à Athènes et leurs parents disparus depuis longtemps, elle se remémore le contenu de leurs conversations qui tournaient pratiquement toujours autour de la signification des mots, de leurs origines, de leurs particularités. Son frère, partisan dès la première heure de la langue populaire grecque contre la « langue savante », était également passionné par Karaghiosis, le héros du théâtre d’ombre datant de la domination ottomane.
Nous en apprenons beaucoup au sujet de ce personnage mythique qui n’a rien d’un révolutionnaire, ne remet pas en question l’autorité de l’église, etc.
Ces évocations de leur enfance grecque sont souvent entrecoupées de souvenirs parisiens. L’appartement de son frère. Sa jeune bonne bretonne sourde et muette. Autre occasion pour Alexadis de nous raconter l’histoire tourmentée et loin d’être évidente du langage des signes et ceci, dans toutes les parties du monde.
Pendant tout ce passage du roman, le frère, réincarné dans l’esprit de sa sœur ne cessent pas une seconde de se poser des questions extrêmement ténues, en un va-et-vient vertigineux. Par exemple, pourquoi en Australie, quand un aborigène meurt, on supprime un mot du vocabulaire ? Pourquoi Platon considérait que les noms qui révélaient l’essence des choses ? Etc.
On en arrive alors au cœur du récit : la dernière chose que lui a confié Matiadis était : « J’aimerais bien savoir quel a été le premier mot prononcé par les humains. Je partirais plus tranquille ». Dès lors, ce souhait va devenir pour la sœur, une idée fixe, un objectif prioritaire. Tout va y passer : à commencer par les notes que son frère a laissées inexploitées, puis toutes les personnes qu’il a fréquentées (chercheurs, anthropologues, linguistes, personnes sourdes, etc.).
L’occasion pour nous d’en découvrir encore énormément sur l’histoire des îles grecques, l’anthropologie et les mœurs des premiers hommes, et l’histoire, la vie et la mort des plus de 6.000 langues idiomes et dialectes parlés dans le monde et dont la moitié disparait au fil des ans et de la mondialisation !
Cette définition au passage : « La différence entre un idiome et un dialecte, c’est que le premier a derrière lui une armée, tandis que le second est sans défense » ! Enfin arrivée au terme de sa quête, la narratrice découvrira-t-elle le premier mot prononcé par les Sapiens ?
En tous cas, Le Premier mot, un roman magistral, « construit sur le modèle d’un soufflet d’accordéon dont chaque pli renfermerait un magnifique secret ».

Serge Bouchard & Marie-Chistine Levesque : Ils étaient l’Amérique



Dans son introduction, Mark Fortier nous présente Ils étaient l’Amérique de Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque (éd. Lux), troisième tome des Remarquables oubliés. Fortier nous narre son aventure avec les deux auteurs de l’ouvrage. Puis, comment après la mort de sa compagne Marie-Christine, Serge Bouchard a achevé seul ce recueil. Recueil que Mark Fortier a mis un an à finaliser après que Serge ait à son tour disparu. Tous les deux, ils avaient déjà écrit à deux mains Du diesel dans le sang, ouvrage commenté dans une précédente chronique. Mark Fortier adresse ce dernier message à Serge Bouchard « Maintenant, grâce à toi, je me sens plus fier que jamais d’être né en Amérique, dans cette merde, dans cette merveille, en plein siècle de vent ».
Ils étaient l’Amérique se compose d’un ensemble de petits textes d’une à deux pages maxi. Le premier d’entre eux, évoque le « paradis terrestre » des Taïnos. De tradition arawak, ces Indiens étaient convaincus que « quand un bébé meurt, son âme se réfugie dans les fleurs avant qu’un colibri le recueille dans son bec et l’emmène au paradis tranquille des jeunes âmes sucrées ». Les Taïnos craignaient plus que tout l’avenir et « de voir un jour arriver des gens vêtus de riches habits qui détruiront les humains nus, s’emparant de leurs terres, de leurs femmes, de leurs corps et de leurs âmes ». Vision conforme à ce qui se produisit effectivement avec l’arrivée de Christophe Colomb sur l’île d’Hispaniola (actuelle Haïti) en 1592. Nous allons découvrir alors « l’autre visage » de Colomb, ce « mauvais marin, mauvais compagnon, fabulateur, mythomane entêté, obsédé par l’or et peut-être fou » qui découvrit sans le savoir un nouveau continent occupé à cette époque, par 60 millions d’humains, le même nombre que ceux qui vivaient en Europe à l’époque, « contrairement aux fables que l’on nous a trop longtemps enseignées ».
L’intérêt de cet ouvrage très documenté est d’élargir notre champ de vision en comparant les deux modes de vie fort dissemblables des deux peuplades. Nous revivons ainsi les terribles heures du XVIe siècle. Dans une Espagne dont les Musulmans viennent tout juste d’être expulsés. Suivront les Juifs accusés de tous les maux, etc. Suit un passage sur les ravages provoqués par la Peste noire. Les chiffres avancés sont effrayants.
Aussi, la découverte de nouveaux territoires sur un autre continent « va pousser des vagues d’Européens grisés par les gisements d’or et l’appât gain ».
Autres chiffres tout aussi effrayants : ceux du nombre de violences espagnoles, portugaises recensées contre les Indiens et des massacres et tueries collectives qui se multiplient. Sans parler de l’évangélisation forcée de ces « peuples sous-développés », selon le Pape ! A noter, un passage très intéressant sur l’humaniste Bartolomé de Las Casas, contemporain de Colomb (et témoin) qui s’oppose à ces personnages aussi vénaux qu’odieux : les Estebanile, Cabeza de Vaca, Hernando de Soto et Fernando Vasquez de Coronado qui, soit dit au passage, vont se planter les uns après les autres ! Mais, l’enjeu géopolitique des nouveaux territoires aiguise les appétits. Ainsi en 1541, François Ier envoie Jacques Cartier en « Nouvelle France » pour enquêter sur les possibilités commerciales et voir s’il y a possibilités d’ententes avec les Iroquois, Ouendats, Mohawks, Ouolosoqiuts, Innus et autres Micmacs (tous souvent confondus).
Nous pénétrons alors dans la « véritable » histoire entre les Français et les Indiens. Tout l’intérêt du propos de Serge Bouchard est de nous dégager du seul point de vue des colonisateurs ! Ces Lionel Groulx ou Jacques Cartier « qui ne connaissaient rien et ne voulaient rien connaitre du fonctionnement social des Indiens et de leurs coutumes ». Bouchard au contraire, va tout nous expliquer, par exemple sur le « système des mères » qui impactait fortement les décisions des tribus.
Long passage sur le deuxième voyage de Cartier qui ne sait pas ce qui l’attend. Mais hélas, les Indiens non plus : le scorbut et autres saloperies véhiculées par les colonisateurs. Sans parler des horribles conditions dont sont ramenés en France « quelques échantillons indiens » (sic), qui tous y mourront et dont rien ne sera dit (sinon par Rabelais dans une note furtive de son Gargantua, nous indique, Serge Bernard).
La suite n’est pas plus brillante. Dispersion des Iroquois touchés par les épidémies. Territoires laissés vacants investis par les explorateurs français (Arcadie, future Nouvelle-Écosse). Ce qui ne sera pas sans générer des conflits inter-tribaux, sous les yeux impassibles des « observateurs » envoyés par Henri IV, Pierre Dugua de Mons et Samuel de Champlain, tous deux aussi vénaux, arrogants et peu intéressés par les mœurs des Indiens ! Faute d’or dans la région, les Français vont essayer de s’allier avec les Innus puis les Micmacs (« ces grands oubliés de l’histoire ») pour faire main basse sur l’exclusivité du commerce des fourrures et conclure des interactions avec les baleiniers et morutiers venus de l’autre bout de l’Atlantique.
Autre passage passionnant tandis que Serge Bouchard nous raconte la fabuleuse histoire de Membertou, le vieux chef Micmac, « véritable bibliothèque vivante » et guérisseur que les intégristes chrétiens forcèrent à se convertir. On est bien contents de souffler un peu car va suivre l’horrible concurrence que vont se faire Anglais, Français et Hollandais afin de s’installer dans cette partie si convoitée de l’Amérique du Nord, qui ne s’appelait pas encore le Canada. Mais la situation se complique au XVIIe siècle, avec l’arrivée des « Jésuites évangélisateurs ». Serge Bouchard nous explique en détail ce « contexte explosif de promesses déçues de paix et de prospérité, traités brisés, trahisons et des affrontements violents, du racisme ordinaire exercé sur les « sangs-mêlés » et l’esclavage des Amérindiens, trop négligés dans l’histoire dite officielle.
Pour compléter son discours, il en appelle aux ouvrages d’Howard Zinn, Histoire populaire américaine et de Edmund Wilson, Pardon Iroquois (tous deux déjà chroniqués dans de précédentes rubriques).
Le charme de ce livre réside dans le fait que parmi toutes les atrocités décrites, Serge Bouchard nous fait heureusement découvrir aussi de belles personnes. Et conclut sur cette belle envolée pleine d’espoir :
« Même submergés, même maltraités, les premiers peuples du continent ont continué d’exister, de raconter leur histoire, de perpétuer leurs langues riches et belles. Ils ont été l’Amérique et le sont toujours ! »

Daniel Delfoe : Moll Flanders




Daniel Defoe est un aventurier, commerçant, agent politique et écrivain anglais, né vers 1660, à Londres. Entrepreneur, il s’occupe de diverses affaires pendant vingt ans et fait faillite à plusieurs reprises, ce qui lui vaut plusieurs séjours en prison. Opposant au gouvernement impopulaire de Jacques II, il est condamné au pilori et à la prison en 1703, sous le règne de la reine Anne pour avoir écrit un pamphlet contre l’intolérance de l’église anglicane. Il participe ensuite à plusieurs missions politiques mais, dégoutté, il ne s’occupera plus durant ses dernières années que de littérature. Il est entre autres, l’auteur de Robinson Crusoé. Ses autres ouvrages témoignages précieux sur l’économie, le social et la culture anglaise et écossaise de son époque, obtiennent un grand succès.



Dans sa préface de Moll Flanders, (éd. Folio, traduction Marcel Schwob et Francis Ledoux), Dominique Fernandez raconte et commente la vie et la carrière littéraire de Daniel Delfoe, « cet écrivain insolent, ce traitre et sacrilège ».
Ses nombreux séjours dans la prison de Newgate qui lui inspireront le personnages de Moll Flanders : voleurs, malfaiteurs et criminels de tout poil. Son héroïne, Betty, qui prendra le nom de Moll Flanders au cours d’une vie tumultueuse (cinq fois mariée, incestueuse, voleuse puis déportée), qu’elle achèvera riche, mais dans le repentir. « Une femme objet-marchandise sous la plume du premier écrivain féministe », ose Fernandez. Karl Marx et James Joyce distinguaient dans Robinson et Moll, « l’image d’homo-economicus moderne, coïncidant avec la naissance du capitalisme industriel, du sous prolétariat et de la bourgeoisie ascendante ».
Pour Dominique Fernandez, « Moll Flanders est un grand classique de la solitude, à ranger aux côtés de Don Quichotte et de L’idiot ».
Delfoe s’explique ensuite lui-même, sur le sens à donner à son roman. Enfin, Betty (la future Moll Flanders), prend à son tour la plume pour nous conter son histoire, peu banale s’il en est. Son enfance : abandonnée à sa naissance par sa mère, puis, petite voleuse déportée aux plantations. Recueillie par des Bohémiens, elle est ensuite placée en nourrice par les magistrats, chez une vieille femme de Colchester (Essex). Elle l’éduque comme une mère et lui enseigne les « belles manières ». Rien que ce début constitue en lui seul déjà un roman ! A la mort de sa nourrice, Betty adolescente se retrouve placée dans plusieurs familles de la grande bourgeoisie. Elle s’intègre au sein de la dernière. Mais outre deux filles, la maîtresse de maison a deux fils. L’aîné tombe amoureux de cette jolie jeune fille aux belles manière, « la prend dans ses filets avec la même science qu’une perdrix à l’affut » en lui promettant le mariage, mais avant de l’épouser, elle finit par lui céder et devient sa maîtresse. Et ce n’est que le début de ses aventures. Car les choses vont se compliquer, et pas qu’un peu, lorsque le cadet de la famille va également tomber amoureux d’elle et lui proposer le mariage ! Comment se sortir d’une telle situation ? C’est mal connaitre encore notre héroïne, une jeune femme sûre de ses attraits et loin d’être une idiote, plutôt vénale et calculatrice, mais, au cœur d’or et qui va en voir bien d’autres !

Golo Mann : Une jeunesse allemande



Golo Mann est le second fils du prix Nobel Thomas Mann et de sa femme, Katia. Etudiant en philosophie et histoire jusqu’à l’arrivée au pouvoir des nazis, il passe en Suisse en 1933, avant de s’exiler en France. Il s’y engage dans l’armée française, puis interné en tant qu’Allemand antifasciste, il s’évade et rejoint le reste de sa famille aux Etats-Unis. Il ne retournera en Allemagne qu’en 1958, où il enseignera l’histoire politique. Homosexuel comme son grand frère Klaus, l’écrivain et leur ainée, Erika, il est écarté de l’université en 1963 sous ce prétexte. Il meurt en 1994.



Dans Une Jeunesse allemande (éd. Presses de la Renaissance), Golo Mann déroule les premières années de sa vie dans une famille bourgeoise, entre ses parents, Thomas et Katia et ses cinq frères et sœurs, dont Erika et Klaus [note] , antinazis de la première heure. Son passage chez les Eclaireurs restera une marque indélébile dans sa vie sentimentale. Il suit sa formation pré-universitaire dans une institution des plus originales, où il se noue avec d’autres enfants de la grande bourgeoisie libérale allemande. Il nous livre alors des portraits vivants d’intellectuels célèbres et personnalités marquantes pendant la République de Weimar et la montée du nazisme.
En 1928, il assiste à une conférence d’Hitler. Nous vous laissons découvrir ses vives réactions. Après l’incendie du Reichstag, c’est l’escalade. Persécutions tous azimuts, Juifs, puis demi-Juifs (ce que les enfants Mann sont par leur mère), ainsi que tous les opposants au régime. Alors, fuir ou rester ?
Après ce voyage dans le temps, nous en arrivons à la partie plus courte, mais non moins intéressante. Réflexions à posteriori sur l’histoire révélant le débat intérieur qu’il a entretenu sa vie durant sur « la causalité ou la détermination ». Voici en gros. Mais ce livre est surtout une leçon vue d’un point de vue général, Golo Mann se refusant à être un historien dont le seul rôle serait « l’autopsie scientifique du passé » : il se préfère « veilleur » !

Stephane Encel : Le monde selon Orwell



Dans son introduction au Monde selon Orwell : Avez-vous bien lu 1984 (éd. du Cerf), Stéphane Encel tire le bilan de 1984.
Publié 1949, au début de « la guerre froide » et qui rencontra d’emblée son public « quand bien même certaines critiques soulignèrent alors les faiblesses romanesques, stylistiques et les intentions idéologiques de l’auteur pas toujours bien comprises ».
Aujourd’hui, le roman d’Orwell est devenu « LA » référence pour nombre d’enseignants, journalistes, politiques, écrivains, etc. Mais n’en a-t-il pas pour autant, perdu au cours des années, ses qualités intentionnelles ? Simplifié à l’extrême jusqu’à épuisement de son message, est-il vraiment compris demande Stéphane Encel ? Aussi nous entraîne-t-il d’emblée dans les coulisses, non seulement de la vie de l’auteur, mais sur les déclencheurs et la gestation de 1984.
Les six années qu’Orwell (de son vrai nom Eric Arthur Blair) passa en internat « épouvantable cauchemar ». Puis son engagement dans la police des Indes en Birmanie en 1922 duquel date sa prise de conscience de la réalité du colonialisme britannique. Mais aussi, ses observations durant la guerre d’Espagne, « point de départ de ses désillusions sur le communisme, de sa prise de conscience du pouvoir de la désinformation et son horreur de la chose politique ». Bien sûr, le Pacte de non-agression Hitler/Staline, la Deuxième guerre mondiale, Yalta, etc. Ceci, selon Stéphane Encel, ne suffisant pas à expliquer la genèse du roman.
Aussi, le biographe va-t-il nous intéresser aux sources d’inspiration d’Orwell et passe au peigne fin les romans affiliés. Entre autres, RUR, la pièce de l’écrivain tchèque Karel Capek (qui voit apparaitre le premier robot en 1920) ; Nous autres, de l’ingénieur russe Zamiatine ; H.G. Wells (bien qu’Orwell ne partageât pas ses vues naïves sur Hitler) ; Jack London (Le talon de fer) ; son compagnon de combat, Arthur Koestler (Le zéro et l’infini) ; James Burnham, Swift ou encore Aldous Huxley, si éloigné de son univers politique.
Puis, Stéphane Encel s’escrime à décrypter les nombreuses façons de définir 84. Roman « dystopique » (utopie néfaste, négative) ? Roman grotesque et pamphlétaire (selon la définition de Philippe Jaworski, c’est-à-dire inséparable de l’angoisse) ? Ou alors, 84, utopique ? Satirique ? Parodique ? Farce morale ? Le biographe nous raconte ensuite le pénible contexte dans lequel Orwell commença l’écrite de 84. Sa tuberculose, ses difficultés à choisir le titre, à bien mettre en relief ses intentions, qui principalement n’étaient pas de rompre avec le socialisme, etc.
Dans le deuxième chapitre, Stéphane Encel passe au crible, les personnages du roman. Pour schématiser, le héros Winston Smith, plutôt un anti-héros type ? Julia, révélateur ou moteur de l’action ? O’Brien, un sadique ou une espèce de conscience de Smith ? Enfin, les « suiveurs » ou personnages annexes. Le biographe s’intéresse ensuite aux notion et concepts du roman. Avant tout, Big Brother, concept ou personnage ? Puis, l’insidieuse « novlangue ». Le « Rituel quotidien de la Haine », ici, selon les versions d’Hannah Arendt, François Brune, etc.). Les « télécrans », extension de l’œil de Big Brother ? La « vaporisation », référence aux méthodes staliniennes, nazies, chinoises ou cubaines ?
Très intéressant est le passage sur les « racines du mal » au sein de l’Empire romain, le judaïsme talmudique, les pratiques haïtiennes, etc.
Le troisième chapitre se penche, lui, sur la postérité de 84, positive ou négative ? L’exploitation de Big Brother dans la publicité. Utilisation comme preuve à charge du socialisme (et ce, malgré les protestations d’Orwell). Autre accusation : Orwell inculpé de sexisme à travers le personnage de Julia, « simple putain ». Encel remet quelques pendules à l’heure ! Et comme pas grand-chose ne lui échappe, il déchiffre les différents points de vue sur « la faiblesse littéraire du roman ». Autant les anarchistes (George Woodcock) que Kundera, etc. Autre aspect étudié : les soi-disant « erreurs de prédiction », alors que pour Orwell, la date de 1984 n’était que l’inversion de 1948 (date de parution) !
Quid, des nombreuses traductions et surtout celles, plutôt mauvaises publiées sur Amazon depuis que l’œuvre est passée dans le domaine public ? En revanche, Encel souligne l’ouverture à l’imagination des adaptations graphiques, le très petit nombre d’adaptations cinématographiques, malgré le potentiel et d’adaptations théâtrales (une seule !), etc. Le dernier chapitre est intéressant puisqu’il évoque la « mytologisation » de 84. Dans la pub (principalement chez Apple, (ironie !), mais surtout comme référence antidictatoriale, aussi bien en Thaïlande ; dans l’Amérique de Trump ; durant le Covid (antivax) ; en Russie ou, en Corée du Nord (du moins ce que l’on en sait !), tout comme dans les régimes « démocratiques », comme l’Angleterre… Quant au « cas chinois » depuis « le « règne » de Xi Jinping : « Ne serait-il pas la quiescence orwellienne », se demande pour terminer, Stéphane Ancel ?
A l’éclairage de cette puissante analyse, il ne reste plus qu’à relire 1984 et replacer l’œuvre dans les intentions d’Orwell. Bref : une nouvelle lecture.
Enfin, Encel s’interroge sur nos sociétés capitalistiques. La surveillance mondiale, quasi-tacite, exercée via Internet (NSA), une nouvelle agence de renseignement ? Selon le biographe, l’Intelligence artificielle et les nouvelles technologies semblent en effet donner raison à George Orwell : nous sommes de moins en moins capables de décrire, comprendre et appréhender le réel, aujourd’hui flouté par le nouveau langage réducteur utilisé par les réseaux sociaux.
Récupération à tous les étages de 1984, auquel on a fini par faire dire tout et n’importe quoi !

Hélène Honnorat : KL Complots et Caducées



Hélène Honnorat est née en 1947, à Arcachon. Elle publie ses premières nouvelles à seize ans et poursuit ses études supérieures tout en faisant divers petits jobs. Passionnée de parachute, après avoir obtenu ses diplômes de Lettres, elle est détachée au ministère des Affaires étrangères et occupe différents postes au Sri Lanka, en Indonésie, en Malaisie et en Amérique centrale.



Caroline, l’héroïne de Complots et caducées (éd. Gope), arrive du Viêt-Nam à Kuala Lumpur (capitale de la Malaisie), précisément le 10 septembre 1998. Free-lance pour l’agence Caducée [note] Tour, elle est chargée d’accueillir un groupe de médecins cardiologues francophones et anglophones asiatiques, venus assister à un congrès sur les troubles du sommeil, sponsorisé par des laboratoires pharmaceutiques.
Mais, les dates du congrès tombent très mal, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la Malaisie est un plein conflit au plus haut sommet, puisque le Premier ministre (mégalomane, complotiste anti-occidentaux, veut transformer le pays en un « nouveau dragon asiatique »). Il est « en bis-bis » avec un de ses ministres et concurrent qui lui, souhaite imposer l’austérité et respecter la politique du FMI. D’autre part, Kuala Lumpur n’attend rien de moins que la reine Elisabeth II, qui vient assister à la clôture des seizièmes Jeux du Commonwealth !
Les hôtels sont pleins. Dans cette capitale asiatique « où les grattes ciels, dont les deux tours jumelles les plus hautes du monde à l’époque (plus que quatre cent cinquante mètres de hauteur), émergent de la jungle et des marécages comme des lotus » !
C’est dans ce décor que nous allons suivre Caroline dans ses péripéties, où les trois composantes (conflit d’état, visite de la Queen et congrès médical) vont se croiser et parfois s’intercepter, dans un contexte surchauffé. Magnifique roman où les sentiments personnels se mêlent aux événements historiques vécus par l’auteure. Occasion également de découvrir les dessous « pas très chics » d’un pays de 22 millions d’habitants, multi-ethnique et pluri-religieux, « gangrené à tous les étages par la corruption, le crime organisé et le clientélisme ».
Evénements tragiques, moments de grande rigolade et adrénaline assurés !

Monica Jornet : Feuilles volantes



Monica Jornet, ancienne professeur agrégée d’espagnol au lycée Henri-IV à Paris, est également membre du Collège de Pataphysique et une militante anarchiste. Elle a déjà publié deux recueils Libres pensées sous licence poétique 1&2, avant celui évoqué dans cette chronique.



Monica Jornet a envoyé son dernier recueil de poésie Feuilles volantes (éd. Libertaires) au Rat noir qui pour les présenter, en a sélectionné quelques-unes au vol.
Napolitaine : « La Vespa vole dans les ruelles / portant sur son dos bourdonnant, le petit dernier heureux d’être aux avant-postes / Le père avec un seul casque pour unique assurance / La fille en talons aiguilles et au téléphone / La mère agrippée à un panier où le chien en bon Napolitain aboie à la vie ».
Lacustre : « Ronds dans l’eau / un galet a fusé / Un poisson pipe l’air / Je bulle ».
Populaire : « Une foule se presse vers l’été / tête baissée et au pas cadencé / Une bière à la main et le ventre plein / Et la musique, au fait ? ».
Eparse : « Le fil a été coupé trop longtemps / Ni le téléphone, ni le transfert d’argent ne consolent ne rapprochent les migrants / Et comme la guerre, éclate le printemps ».
Pliée : « Les mains plient savamment le papier / Qui devient un oiseau / Puis déplient doucement chaque mot / pour le voir s’envoler ».
Colonisée : « Une langue nouvelle / Apportée par trois caravelles avec la variole et la varicelle / A causé une épidémie mortelle / Parmi les langues plurielles » ! …

Patrick Schindler, individuel FA, Athènes









PAR : Patrick Schindler
individuel FA, Athènes
SES ARTICLES RÉCENTS :
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lectures d’octobre avec le rat noir
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Athènes . Rendez vous féministe et solidaire était donné le 8 mars
En Arès, le rat noir hellénophile attend le printemps.
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Le rat noir a fait au gui l’an neuf : merveille : son œuf mensuel.
Grèce. Un Rom de 16 ans tué par un policier pour un vol à 20 €
Pour finir l’année avec le rat noir
Commémoration du 17 novembre 1973, hier à Athènes
Ballade en novembre pour le rat noir
Finies les vendanges en octobre, le rat noir fomente en tonneau
"C’est en septembre que je m’endors sous l’olivier." rêve le rat noir
Coming août, voici le rat noir.
Le rat noir lit à l’ombre en juillet
Gay Pride Athènes 2022
En mai, le rat noir lit ce qui lui plaît.
En avril, le rat noir ne se découvre pas d’un livre.
Encore un peu du rat noir pour mars
Le rat noir de mars
Vite, le rat noir avant que mars attaque...
Février de cette année-là, avec le rat noir.
Une fin de janvier pour le rat noir
deux mille 22 v’là le rat noir
Le Rat Noir de décembre...
Un rat noir de fin novembre...
Début novembre, le rat noir est là
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Le message du rat noir, fin septembre
La rentrée du rat noir
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Mi-août, voilà le rat noir !
Le rat noir, du temps de Jules au temps d’Auguste
Le rat, à l’ombre des livres
Interview de Barbara Pascarel
Le rat noir, fin juin, toujours le museau dans les livres
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1

le 16 juin 2023 11:12:13 par Max

George Orwell toujours d’actualité.