Littérature > En mai, le rat noir lit ce qui lui plaît.
Littérature
par Patrick Schindler le 2 mai 2022

En mai, le rat noir lit ce qui lui plaît.

Lien permanent : https://monde-libertaire.net/index.php?articlen=6448




Pour mai, le Rat noir vous propose d’embarquer avec Télémaque. Première étape : la version originale, celle de Fénelon. Puis, le pastiche pré-surréaliste de Louis Aragon et enfin, la transposition proche-orientale de Panaït Istrati. Herman Melville nous invite ensuite, à connaitre « Pierre et ses ambiguïtés ». Petit arrêt en Russie tzariste, avec Hans Magnus Enzensberger et « Les rêveurs d’absolu ». Puis, le constat d’Oscar Wilde sur « Le Déclin du Mensonge » … La redécouverte de « J’adore » de Jean Desbordes. Traversée de l’Atlantique pour aller demander « Pardon aux Iroquois », avec Edmund Wilson. Deux polars pour terminer. Le premier féminin : Etude en violet de Maria Antonia Oliver et le second oriental, « La fille des nuages » de Patrice Montagu Williams.
« Après le rare bonheur de trouver une compagne qui nous soit bien assortie, l’état le moins malheureux de la vie est sans doute de vivre seul. Depuis que les hommes ne sont plus sur mon chemin, et que je ne suis plus sur le leur, je ne les hais plus ; je les plains. »
Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie

Les aventures de Télémaque de Fénelon

Les aventures de Télémaque (éd. Poche), a été un des livres les plus réédités, entre 1699 et 1914, nous explique Jacques Le Brun dans sa préface.



L’auteur, Fénelon de Salignac de La Monthe-Fénelon, dit Fénelon, était un homme d’église et le précepteur du Duc de Bourgogne, le fils du roi Louis XVI. Fénelon écrit ce conte philosophique dans le but de parfaire l’éducation du Dauphin.



Les aventures de Télémaque racontent l’épopée du fils d’Ulysse en dix-huit livres (ou chapitres) ! Si Homère ne nous dit pas grand-chose de Télémaque dans l’Odyssée, Fénelon se propose de faire à sa place.
Il ne s’agit nullement d’un roman utopique : Télémaque ne veut en rien changer l’ordre des choses, il n’a qu’un but : retrouver son père Ulysse. Lui aussi est la proie des désidératas des dieux de l’Olympe qui, dans la version de Fénelon, prennent le nom des dieux romains (mode de l’époque oblige).
A la base, ce livre à but éducatif « faisant l’éloge de l’amour purifié par la souffrance » était censé être confidentiel. Dans un premier temps, il satisfait Louis XIV. Mais, il est vivement critiqué par Bossuet le radical, qui déclare à son sujet :
« C’est un ouvrage indigne d’un évêque, mais encore plus venant d’un prêtre et d’un Chrétien ». Et en effet, dans certains passages, Les aventures de Télémaque se révèle plutôt être une « ode à la liberté de penser ». Elle dénonce entre autres, l’autoritarisme souverain, le « luxe des grands » et la politique belliqueuse expansionniste. Tout, selon Bossuet pour déplaire à un grand roi. D’autant que, malgré l’interdiction royale de reproduction, le livre commence à circuler. Louis XIV éloigne alors Fénelon de Versailles et le nomme archevêque à Cambrai…
Au gré des rééditions, Les aventures de Télémaque vont devenir de 1699 à 1914, LA référence pédagogique, avant d’être peu à peu déconsidérée.
Les Aventures de Télémaque commencent sur l’île de la déesse Calypso, interdite aux humains. Calypso est inconsolable après le départ de son cher Ulysse et « dans sa douleur, se trouve malheureuse d’être immortelle ». Jusqu’au moment où elle voit débarquer sur son île, deux naufragés dont l’un d’eux ressemble à Ulysse ! L’autre, Mentor (en vérité, il s’agit de Minerve travestie) se présentant à la déesse comme étant son précepteur qui accompagne et protège Télémaque durant son voyage. Calypso fait tout pour séduire le fils d’Ulysse et le garder à ses côtés. Afin de mieux le connaître pour l’envoûter, elle lui fait raconter les différentes étapes de leur voyage depuis leur d’Ithaque. Mentor se doute du petit jeu de Calypso. Mais Télémaque insouciant raconte leur séjour chez les rois du Péloponnèse, puis sur les côtes de Sicile dans le royaume du roi Aceste.
Sous le prétexte de narrer les aventures « rocambolesques » du jeune héros, Fénelon en profite pour nous décrire les beautés des paysages qu’ils ont traversé, mais surtout nous donner sa vision sur la meilleure façon pour une monarque de gouverner son peuple. Télémaque continue à raconter. Comment ils ont échoué ensuite sur les côte d’Égypte dans le royaume du « bon roi » Sésostris. Et comment après moultes péripéties, ils se sont retrouvés dans une Phénicie, alors sous domination du terrible et paranoïaque roi Pygmalion. Comment ils ont réussi à se sauver en Crête et enfin comment ils ont atterri sur rives de l’île de Calypso. Une fois leur épopée racontée, Mentor trouve le moyen d’arracher Télémaque des filets de Calypso en le faisant tomber amoureux d’Eucharis, sa première nymphe. Sous le regard amusé des dieux de l’Olympe, aux desseins souvent antagonistes. Passons. Mentor et Télémaque arrivent à s’échapper et se retrouvent cette fois-ci sur les côtes de la péninsule italienne dans la cité de Salente, comptoir créée par le roi Idoménée. La ville est menacée par les Barbares. Mentor et Télémaque tombent à pic ! La guerre de Salente aura-t-elle lieu ? Il convient de noter que dans ce passage, Fénelon va même nous gratifier d’une surprenante apologie du pacifisme ! Nous accompagnons ensuite Télémaque aux Enfers dans le royaume de Pluton, passage on ne peut plus « dantesque » ! Puis, lors d’une dernière étape avant le retour de Télémaque au « bercail », Mentor va devoir recourir à un discours moraliste pour détourner son protégé des pièges de l’amour. Une fois qu’ils ont regagné Ithaque, Fénelon renvoi son lecteur à la version de l’Odyssée d’Homère !
Si la version de Fénelon va devenir une référence une référence éducative durant plusieurs siècles, elle ne manquera pas d’être moquée et pastichée. A commencer par Marivaux qui dès 1736, publie une version parodique : Le Télémaque travesti. A l’inverse de Fénelon les héros de Marivaux sont de condition modeste. Puis Fénelon continua à être copié ou pastiché par d’autres auteurs :

Le Télémaque de Louis Aragon




Louis Aragon est né en 1897. Avec André Breton, Tristan Tzara, Paul Eluard, Philippe Soupault, il est l’un des animateurs du dadaïsme et du surréalisme. Après sa rupture avec ce dernier mouvement, il s’engage au PCF en 1927 et après la défaite de l’armée française en 1940, dans « une recherche et une réinterprétation de la tradition poétique et romanesque ». Plusieurs de ses recueils sont dédiés à sa compagne, Elsa Triolet. Léo Ferré et Jean Ferrat ont contribué à porter son œuvre poétique à la connaissance du grand public. Mais Aragon restera surtout pour toute une génération, le symbole de l’allégeance au stalinisme de Moscou.




Étonnante version des Aventures de Télémaque que celle proposée par Louis Aragon, en 1922. Si le récit commence sous une forme quasi-classique : « Calypso dans sa douleur s’oubliait immortelle », la description de son île l’est déjà moins : « Le décor se continuait à l’horizon avec les portraits peu d’aplomb d’une chambre Louis Philippe où dormaient des anges blonds et chastes comme le jour ». Encore moins classiques, sont les rapports entre Télémaque et son précepteur Mentor : « Il [Télémaque] s’adressait à lui en ricanant ».
Sur le même schéma que Fénelon, Télémaque raconte à ensuite à Calypso ses aventures, mais en version raccourcie. Puis, Aragon nous dépeint les « brèves et concises » amours entre Télémaque et la nymphe Eucharis, qui provoquent le désarroi de Calypso et l’inquiétude de Mentor. Après qu’il a goûté à ses charmes, Télémaque prie la nymphe de « bien vouloir dégager » par ce qu’il a sommeil » ! Vexée, Eucharis part « se recoiffer » dans la nature où elle croise Mentor qui se promène. Elle reproche à ce dernier d’avoir mal éduqué son élève et notamment pour « la chose ». Mentor se lance alors dans un discours on ne peut plus surréaliste, ou plutôt dadaïste. En effet, Aragon case ici une des versions du Manifeste du mouvement Dada, datant de 1918 [note] . Aussi délicieux qu’inattendu ! Nous assistons ensuite aux ébats amoureux entre Calypso et Mentor, assortis d’un dialogue digne d’une pièce de Feydeau ! Une fois Télémaque réveillé, Eucharis après lui avoir reproché son attitude de mufle et lui avoir demandé pourquoi il recherche son père, l’invite néanmoins à assister à un spectacle donné par un groupe de troubadours de passage dans l’île. Il s’agit encore d’une performance Dada ! Puis, tout ce petit monde se retrouve dans un banquet durant lequel Télémaque découvre trois billets dissimulés dans des bouteilles : trois poèmes d’Aragon [note] …
Passons sur le reste de l’histoire et arrêtons-nous sur une scène du plus haut intérêt lorsque Neptune propose à Télémaque d’aller goûter dans son royaume « aux délices des amours marines » ! Passage grandiose. La suite est de plus en plus surréaliste. Durant l’absence de Télémaque, Eucharis a accouché d’un petit garçon qui lui ressemble. Ni la nymphe ni le fils d’Ulysse ne s’y intéressent. Où va finir ce petit garçon ? Et Télémaque qui « fatigué de l’amour, va boire. Et quand il est fatigué de boire, il va boire » ? Jusqu’à ce que Mentor décide d’arrêter le carnage. Durant leur retour à Ithaque nous avons alors droit à une débauche de considérations philosophiques, sur le hasard et la liberté. Jusqu’où alors, pour prouver à Mentor combien il est libre, ira Télémaque ? …
Dans l’épilogue, Aragon s’explique. Au départ, il avait écrit ce texte comme une « pochade ». Pochade qui devint cependant, l’un des textes de référence des adeptes du surréalisme !

Kyra Kyralina ou Le Télémaque de Panaït Istrati




Panaït Istrati, est né en 1884, dans la ville de Braila en Roumanie située sur les bords du Danube près de son embouchure dans la Mer Noire. Fils d’une blanchisseuse roumaine et d’un contrebandier grec qu’il n’a pas connu, il quitte très tôt l’école et exerce plusieurs petits métiers, occasion d’apprendre le turc et le grec. Il contracte la phtisie et séjourne dans un sanatorium suisse. Il y fait la connaissance d’un juif érudit qui lui apprend le français et lui fait découvrir le Télémaque de Fénelon et les romans de Romain Rolland. Séduit par l’écrivain, Istrati lui envoie son manuscrit de Kyra Kyralina. Rien ne se passe : Romain Rolland a déménagé ! Sorti du sanatorium, rattrapé par la misère, Istrati tente de se suicider. Il est sauvé in extrémis. On retrouve sur lui, le manuscrit destiné à Romain Rolland qui cette fois-ci, lui parvient. Subjugué son talent, Rolland aide Istrati à publier. C’est la reconnaissance littéraire. Istrati se rapproche alors des communistes, mais rompt avec eux, écœuré par la dérive stalinienne. Il co-écrit avec Victor Serge, un pamphlet la dénonçant et ceci, sept ans avant le Retour d’URSS d’André Gide. Les communistes ne lui pardonnent pas et le traitent de fasciste et les fascistes de « sale cosmopolite » [note] ... Malade, Istrati fait des aller-retours entre la France et la Roumanie, publie des articles contre les injustices sociales et meurt dans un sanatorium de Bucarest en 1935. C’est de nos jours qu’il commence à être réhabilité et son œuvre, redécouverte [note] .




Le héros de Kyro Kyralina de Panaït Istrati ne s’appelle pas Télémaque. Il s’appelle Stavros. Il n’est ni le fils d’un dieu, ni d’un demi-dieu, ni un héros antique. Stavros est un marchand forain, limonadier et arnaqueur. C’est le cousin éloigné d’Adrien (le narrateur) que la mère de celui-ci n’apprécie guère, à cause de « sa nature nomade ». Elle n’estime pas plus son ami Mikhaïl « cet étranger, ce vaurien ». Agé de dix-huit ans, Adrien considère qu’il est en droit de choisir ses fréquentations. Aussi alors qu’il croise Stavros et que ce dernier lui dit qu’il recherche un « voyou honnête » pour les accompagner lui et Mikhaïl à une foire dans les environs de Braila, Adrien accepte. C’est non sans difficulté qu’il obtient l’accord de sa mère après que celle-ci lui a dit : « Le petit voyage que tu fais aujourd’hui te donnera le goût d’en faire demain de plus longs, de toujours plus longs. Je suis certaine moi, que nous aurons à en pleurer tous les deux. ». Las, Adrien prend la route avec ses deux compagnons. Tandis qu’ils font étape dans une auberge, une bagarre éclate entre eux, à cause du comportement « pervers » de Stavros : en pleine nuit, a voulu caresser Adrien ! Le lendemain, Stavros tient à s’expliquer et commence ainsi à raconter son épopée (bien différente de celle de Télémaque !). Comment après la tragédie vécue avec sa fiancée, il en est arrivé à préférer les hommes. Ainsi allons-nous découvrir son histoire. Contrairement à l’original, Stavros, lui, n’est pas parti pas à la recherche de son père, mais plutôt à la meilleure façon de s’en débarrasser ! S’ensuivent des aventures rocambolesques. Parfums d’Orient. De la Roumanie aux harems de Constantinople. De Smyrne à Beyrouth, à Damas, puis, détour par la case prison où Stavros devient « le jouet de ses codétenus Turcs, Grecs, Arméniens et Arabes, dans la puanteur et parmi les rats. ». Lorsque Stavros rentre à Braila (et non à Ithaque !), il devient le forain vendeur de salep qu’Adrien a connu. Istrati nous explique pour quelle raison Stratos s’est fait forain : « Parce qu’un forain a plus de chance de rencontrer un autre forain, qu’en a un mort de retrouver le pope qui l’a enterré » !... Du grand roman.

Herman Melville : Pierre ou les ambiguïtés




Herman Melville est né à New-York en 1819. Fils d’immigrés néerlandais et écossais. Quand les affaires familiales périclitent, la famille déménage à Albany. Après la mort prématurée de son père, Herman est contraint de travailler. A treize ans, il devient employé de banque puis travaille dans les champs avant de reprendre des études classiques et d’enseigner dans une école de campagne. Il s’engage ensuite comme mousse sur un navire marchand puis, rejoint l’équipage d’un baleinier dans le Pacifique. Il commence à écrire à son retour aux Etats-Unis en 1845. Il peine à se faire éditer, jusqu’à son grand succès : Moby Dick, paru en 1851. Il se tourne ensuite vers le genre « politico-philosophique », ce qui déçoit son public. Il se marie et achète une grande ferme où le reste de sa famille le rejoint. Sa situation financière devient de plus en plus précaire. Ses écrits n’arrivent plus à convaincre les critiques. Il est contraint de retravailler, intègre les Douanes de la ville de New-York, mais écrit jusqu’à son dernier souffle.




« Etranges matins d’été à la campagne. Pas une fleur ne bouge ; les arbres oublient de se balancer. L’herbe semble avoir cessé de pousser ; et la nature tout entière, comme consciente soudain de son profond mystère et ne trouvant pour s’en garder que le silence, sombre dans cette paix indescriptible et merveilleuse ». C’est par un tel matin que Pierre, le jeune héros romantique de Pierre ou les ambigüités (éd. L’imaginaire Gallimard, traduction P. Leyris, M. Amfreville et P. Jawarski) va souhaiter le bonjour à Lucy, sa « bienaimée ». Pierre vit en toute harmonie avec sa mère veuve, dans un confortable manoir hérité de la prestigieuse famille immigrée de son feu-mari. Pierre cumule toutes les qualités : beauté, intelligence, humour, gentillesse. Sa mère, elle, « brille d’une humeur toujours égale, comme un vase illuminé de l’intérieur ». Lucy aussi cumule l’ensemble des charmes dévolus à une jeune fille : beauté, intelligence, gentillesse et humilité ! Les premières scènes du roman se passent au milieu d’un paysage féérique. Au point que tant d’harmonie commence à devenir agaçant. Mais, ne nous méprenons pas. Un grain de sable ne tarde pas à enrouer l’engrenage du bonheur parfait. Le destin frappe un grand coup. Cela commence par l’apparition d’un visage « fantomatique, triste et mystérieux » qui hante Pierre jusqu’à l’obsession. Jusqu’à ce qu’il en trouve l’origine et reçoive une lettre mystérieuse qui va faire basculer tout son beau petit monde. Nous voilà è présent avec Pierre dans un tourbillon infernal. Dantesque.
Récit fascinant écrit dans le style d’un autre siècle. Forts passages philosophiques aux confins de la religion et de la science. De l’humour aussi, dans la description du monde impitoyable de la littérature ou celui soudoyé, de la Franc-maçonnerie. Et une fin titanesque !

Hans Magnus Enzensberger : Les rêveurs d’absolu




Hans Magnus Enzensberger est né en 1929, dans une famille bourgeoise de Bavière. Il fait ses études supérieures de Lettres, en Allemagne puis à Paris. Journaliste, après un séjour en Amérique et en URSS, il séjourne à Cuba en 1968. Ses œuvres se caractérisent par un regard féroce sur la société, notamment allemande. Enzensberger décrit ainsi l’être humain « Le seul primate à pratiquer de manière méthodique, enthousiaste et à grande échelle, la guerre et le meurtre de ses congénères ».




La première partie des Rêveurs d’absolu (réédition Allia, traduction Lily Jumel, édition originale : 1964) s’ouvre sur la reproduction du texte d’une affiche (aujourd’hui une relique), collée un matin d’avril 1862, sur les murs des bâtiments publics de Saint Pétersbourg. Elle est signée du Comité central de la Révolution et appelle le peuple à la révolution, à « régler son compte à la famille des Roumanoff au risque de monter sur l’échafaud ». La guerre sociale est déclarée au Tsar et à sa police secrète par « une poignée d’intellectuels désespérés qui se réunissent clandestinement dans des cafés, les mains nues, sans base de masse, sans parti ni argent ». Ils sont qualifiés de nihilistes (terme assez vague). Hans Magnus Enzensberger revient sur leurs antécédents historiques, pour la plupart, persécutés par la police secrète et réfugiés en Allemagne ou en Suisse, comme Mikhaïl Bakounine et ses adeptes : Sergeï Netchaïev et Peter Tkatchev. Ceux restés en Russie sont pistés en permanence par la police du Tsar qui en 1849, procède à 33 arrestations d’individus « suspects ». Vingt-deux d’entre eux sont condamnés puis déportés, dont Dostoïevski.
L’auteur revient ensuite sur les conséquences de l’appel à la révolution de 1862, la constitution du groupe terroriste Narodnïa Volia et sur son impact dans les grandes villes russes. Si certains de ses militants ont pour premiers objectifs d’assassiner le Tsar, d’autres dont plusieurs femmes, décident de faire de la propagande dans les campagnes, où 90 % des paysans sont analphabètes. Dans les grandes villes, les actes activistes se répandent rapidement. 770 « suspects » sont arrêtés et après le « Procès des 133 » en 1877, 94 sont acquittés et 36 déportés en Sibérie.
La suite du récit nous raconte les tentatives d’assassinat sur les représentants du gouvernement du Tsar. A commencer par celle ratée par l’anarchiste Vera Zassoulitch sur le préfet de préfet de police. Les attentats s’enchainent ainsi que les révoltes, les manifestations et les grèves sur tout le territoire russe. Un nouveau « Comité exécutif de la volonté du peuple » est constitué. Enzensberger nous en explique en détail, le fonctionnement et les objectifs.
Suivent ensuite la série des attentats ratés contre le Tsar à partir de 1879, jusqu’à celui radical du 1er mars 1881, où la bombe lancée par Grinevittziki atteint Alexandre II. A la suite de sa mort, la répression bat son plein et une police politique « l’Okhrana », est créé. Ailleurs en Europe, l’Internationale anarchiste décrète « la Terreur noire » et on assiste à une grande vague d’attentats et d’assassinats contre rois et empereurs.
En Russie, il faut attendre 1901 pour voir apparaitre une seconde génération de terroristes et la création de « l’Organisation de combat des révolutionnaires sociaux ». Enzensberger nous la décrit aussi longuement, principalement à l’appui des « Mémoires d’un terroriste » de Savinkov. Nouvelle vague d’attentats, nouvelle vague de répression et de déportation et d’exil des derniers militants de l’Organisation, convaincus que des mouchards sévissaient parmi eux. Passage passionnant dans lequel on croise parmi les « juges », Kropotkine et Véra Figner.
Dans sa conclusion, Enzensberger donne la parole à Hannah Arendt, puis cite Lénine qui s’empressa de critiquer les « révolutionnaires sociaux » pour leurs méthodes anarchistes, alors qu’au milieu du siècle précédent, Karl Marx en personne, les avait, lui, baptisé « Les rêveurs de l’absolu » !

Oscar Wilde : Le Déclin du Mensonge




Oscar Wilde est né à Dublin en 1854 dans une famille bourgeoise protestante. Son parcours scolaire est brillant, nourri de culture classique. A l’université d’Oxford, il se construit un personnage d’esthète. Puis, s’installe à Londres, s’insère dans la « bonne société » s’illustrant dans plusieurs genres littéraires. Il fait des conférences aux Etats-Unis et au Canada et exerce une prolifique activité de journaliste. Si le Portrait de Dorian Gray ne pose pas de problèmes, sa pièce Salomé se heurte à la censure victorienne car elle met en scène des personnages bibliques. Wilde n’en perd pas pour autant son aura et sa notoriété due à son esprit mordant et sa personnalité. Au faîte de la gloire, il ose poursuivre le père de son amant, Alfred Douglas pour diffamation, ce qui lui vaut trois procès retentissants et une condamnation à deux ans de travaux forcés. Ruiné, à sa sortie de prison en 1897, il s’exile en France. Il fréquente Marcel Proust, Pierre Louÿs, Victor Hugo, Paul Verlaine, Sarah Bernhard, etc. Il est soutenu financièrement, notamment par Gide et Robert Ross. Malgré cela, brisé, il meurt dans le plus grand dénuement, à l’âge de 46 ans.




Le déclin du mensonge d’Oscar Wilde (éd. Allia, trad. Hugues Rebell). Un dialogue entre deux amis, Cyrille et Vivian, dans la bibliothèque d’une maison de campagne de Nottingham. Cyrille : « Mon cher Vivian, ne vous cloîtrez donc pas tout le jour dans la bibliothèque. Allons-nous coucher sur l’herbe, fumer des cigarettes et jouir de la nature ». Vivian : « Jouir de la nature. J’ai complètement perdu cette faculté. La nature est indifférente, si dédaigneuse ». Vivian préfère lire à son ami, l’article qu’il est en train d’écrire pour une revue. Il a pour titre : Le déclin du mensonge. Mais c’est surtout une apologie du mensonge qui, comme la poésie pour Vivian, sont des arts ! Il commence par citer les personnages des écrivains anglais, puis ceux de Zola. L’histoire de leur vie n’a pour lui, aucun intérêt. « D’ailleurs, qui se souvient de ce qui leur arrive ? ». Pour Vivian, l’art n’est pas « la vérité simple » mais « la beauté complexe et mensongère ». Aussi, leur oppose-t-il les peintres, les écrivains antiques, orientaux puis modernes qui relevaient de cette dernière qualité. Les sculpteurs grecs dont « les statues mensongères ne ressemblaient pas aux Grecs » ! Pour Vivian c’est « la vie qui imite l’art bien plus que le contraire ». Pour preuve, « de jeunes hommes ne se sont-ils pas suicidés parce que Werther s’est suicidé ? », argumente-t-il face à un Cyrille plus que sceptique. Jusqu’à la fin de ce sublime dialogue, Vivian sublime « le mensonge contre la vérité » et pousse sa logique jusqu’au terme : « L’art n’exprime jamais que lui-même […] Quand l’art sera plus varié, la nature ne sera-t-elle pas elle aussi plus variée ? », conclue-t-il.
Un pur moment de mensonge !

Jean Desbordes : J’adore




Jean Desbordes est né en 1906, dans une famille protestante. Solitaire, il habite avec sa mère et sa sœur, noyés au milieu d’une « nature généreuse ». Elève brillant, il passe son baccalauréat avec succès. Par hasard, il tombe sur Le Grand Ecart de Jean Cocteau. Subjugué, il lui envoie une lettre, le rencontre et devient son secrétaire. Bisexuel, il entretient une liaison amoureuse avec ce dernier. Cocteau préface son essai J’adore et l’aide à le lancer. Après sept ans de vie commune, Desbordes quitte Cocteau et retourne vivre avec sa mère et sa sœur, avant de se marier. En 1939, il publie Le vrai visage du marquis de Sade, rejoint la Résistance durant l’occupation et dirige en tant qu’ancien marin, un réseau chargé de surveiller les mouvements maritimes dans la Manche. Il est arrêté en juillet 1944, torturé par la Gestapo et meurt, sans avoir livré ses compagnons.




Dans la préface de J’adore (éd. Les cahiers rouges Grasset), Jean Cocteau fait l’apologie de son protégé. « Cet anarchiste mystique du cœur qui ignore le savoir-vivre, n’invente rien mais démode tout ». Il le compare à Antigone « dont la moindre parole offense la cité ». Dans sa préface, on a l’impression que Cocteau « déborde » de Jean Desbordes ! J’adore commence par « Si ma mère savait ce que je sais », un petit texte qui évoque sa découverte de la volupté solitaire : « Il tomba trois gouttes blanche, les premières gouttes pures réservé à l’herbe, légères et graves comme le sang blanc du pavot ». Le sexe toujours prêt, « le cœur plein d’amour et les membres remplis de sève qui vivent perpétuellement au printemps », Jean Desbordes nous invite à assister à un repas de famille « où sont invités des chiens célestes », à découvrir ses réflexions sur l’amour ou « les lettres anonymes qu’il écrit avec son sexe » ! Il invoque l’opium et les amours des insomniaques. Il fabrique son propre dieu, ce grand amoureux de la nature, héliaque, s’extasie « devant la terre qui le supporte ». Devant le soleil : « J’aime tes coups et tes caresses » … Amoureux des chats, des chiens et des poules qu’il trouve plus intéressants que les enfants ! Quelques textes font l’éloge de Jean Cocteau, « l’homme qui marche, un peu séparé du sol ». De ses pièces de théâtre : Antigone, Orphée et autres « anges déguisés avec lesquels ont fait l’amour » qu’il a le privilège de voir des coulisses. Il dédie deux textes magnifiques à sa mère malade et déclare : « Les fils sont les derniers amants de leurs mères ».
Selon le mot de l’éditeur : « Cet ouvrage est passé comme une comète sensuelle dans le ciel de la littérature française » …

Edmund Wilson : Pardon aux Iroquois




Edmund Wilson est né en 1895. Rédacteur en chef adjoint de The New Republic, il fut également un des plus grands critiques littéraires américain du XXème siècle. Il a influencé entre autres, Sinclair Lewis, John Dos Passos et Upton Sinclair.




Pardon aux Iroquois (éd. Lux, traduction Solange Pinton) a d’abord été publié sous forme d’articles dans The New-Yorker en 1959. L’année suivante il devient un livre qui, traduit en français en 1976, est rapidement épuisé. Dans l’introduction, Edmund Wilson explique comment et pourquoi il l’a conçu et surtout par quel biais il a eu la chance de pouvoir approcher de près les tribus iroquoises. Suit un texte de Joseph Mitchell qui nous fait découvrir « Les Mohawks charpentiers de l’acier ». En effet, ces derniers, agiles et insensibles au vertiges devinrent incontournables aux Etats-Unis et au Canada sur les chantiers des grandes constructions (ponts ou gratte-ciels). Mais une fois à la retraite, les difficultés qu’ils éprouvent à revenir vivre dans les réserves « trop américains et plus assez Indiens ». Après cet aspect des choses, Edmund Wilson reprend la plume.
Il nous raconte comment, après avoir appris par hasard en 1957 que sa maison de vacances au Nord de l’Etat de New-York se situait sur les terres iroquoises, il commença à s’intéresser à eux et à leur histoire. De 1784, date du « Traité des Six nations Indiennes » qui rendait inviolable leur territoire [note], à son invasion par les colons en dépit du traité [note].
Il rend visite à Standing Arrow, dans la Maison Longue [note]. Ce chef Mohawks qui revendiquait à la fin des années 1950, l’application des droits juridiques des Iroquois en vertu du traité. Edmund Wilson nous raconte ensuite la fabuleuse histoire des Iroquois, de la Révolution américaine (1763) et de la constitution de la Confédération des Six Nations, aux influences laissées par les évangélises Quakers, Catholiques, Protestants et Mormons !
Nous découvrons le système matrilinéaire des différentes tribus qui composent la Ligue, leurs relations familiales, l’éducation donnée aux enfants, le respect accordé aux vieillard et les règles de l’hospitalité. Mais aussi, la face sombre : les divisions claniques et les ravages de l’alcool.
L’auteur nous invite ensuite, à un Conseil des sages dans la réserve des Onondaga, originaires de Mongolie, dernière des tribus iroquoise à avoir intégré la Ligue. Il s’étend longuement sur la « prise de conscience nationale iroquoise » en réaction aux conflits de plus en plus nombreux entre les institutions des Blancs et le droit coutumier indien (construction des barrages et autoroutes aussi bien sur les territoires canadiens qu’étatsuniens). Sans oublier les aspects juridiques (impôts fonciers, jurisprudences, passage des frontières).
Edmund Wilson nous raconte après, la singulière épopée des Tuscaroras, chassés de Caroline du nord en 1715 par les Blancs, qui mirent presque un siècle avant d’atteindre le Niagara. Puis, nous l’accompagnons dans la tribu des Sénécas, considérés par les Blancs comme le peuple « le plus évolué » des six nations. Nous assistons à plusieurs de leurs cérémonies rituelles, découvrons leur humour particulier.
L’ouvrage se termine sur la révolte des Indiens indépendantistes en 1959, tandis que dans la postface, Vine Deloria nous raconte les circonstances du bide du Grand rassemblement des nations indiennes à Washington en 1972, sous le gouvernement Nixon et les perspectives peut-être plus sereines si les Indiens d’Amérique se joignent à la lutte des autres peuples aborigènes opprimés dans le monde …

Etude en violet de Maria Antonia Oliver




Maria Antonia Oliver est née aux Baléares en 1946. Très jeune, sa passion de l’écriture nait sur les rayons de la riche bibliothèque familiale. A sa sortie du lycée, elle se politise, exerce ensuite plusieurs métiers, dont celui d’hôtesse de l’air, avant d’intégrer une agence de détective. Elle se consacre ensuite entièrement à la littérature et aux romans policiers. Féministe redoutée en Catalogne, elle fait partie de l’avant-garde de la génération littéraire des années 1970, avant de s’imposer le silence après la mort de son mari.




L’action d’Etude en violet de Maria Antonia Oliver (éd. Série noire NRF, traduit du catalan par Bernard Lesfargues) débute dans une agence de détectives un peu minable, « écrasée par la chaleur étouffante de la capitale d’une Catalogne où les touristes commencent à pointer leur nez en ce début d’été, difficiles à ne pas reconnaître avec leurs déguisements ridicules ».
Pourtant ce jour-là semble favorable à la directrice de l’agence, Lonia Guiu : elle reçoit deux commandes d’enquête. La première, celle d’une mère qui recherche sa fille fugueuse de quinze ans et la seconde, venant d’une antiquaire « assez hautaine et antipathique » qui elle, recherche trois clients l’ayant arnaquée avec un chèque en bois. Nous faisons alors connaissance avec le personnel de l’agence. A commencer par Liona, la « patronne » : elle n’a pas la langue dans sa poche et n’hésite pas à remettre en question ses compétences. Quim, son assistant : un peu macho, un peu lourdingue, mais bien sympathique. Neus, sa jeune photographe : look punk, un peu trouillarde mais « bonne fille ». Beau trio ! La première affaire est vite réglée : la jeune fugueuse est retrouvée, mais celle-ci est tombée enceinte après un viol. Situation plus que délicate dans une Espagne pas encore débarrassée de la prédominance de la famille et d’un catholicisme qui condamne l’avortement même en cas de viol ! La seconde affaire est embrouillée. Car l’antiquaire commanditaire de l’enquête semble cacher bien des choses à Liona au fur et à mesure d’une enquête qui ne fait que se compliquer. Trafic international aux Philippines impliquant des aristocrates et des gens du grand banditisme. Courses effrénées dans une Barcelone estivale livrée aux touristes et saturée de pollution.
Vibrations assurées !

Patrice Montagu Williams : La fille qui aimait les nuages




Petit-fils de deux grands-parents membres des services secrets britanniques, Patrice Montagu Williams est très vite attiré par l’écriture. Parallèlement, il exerce diverses fonctions dans des capitales d’Asie, du Moyen-Orient, en Russie, en Afrique, aux Amériques et en Océanie, avant de s’installer à Athènes pour se consacrer entièrement à la littérature.




La fille qui aimait les nuages (éd. Gope) nous présente sous ce titre générique, trois petits récits aux parfums d’Asie. Le premier (qui donne son titre à l’ouvrage) démarre tandis que trois Mercédès se dirigent vers l’aéroport d’Hanoï, au Viêt-Nam. Elles transportent un membre du Bureau politique du parti communiste vietnamien (au passé pas très clair), sa femme et sa fille. Le père est envoyé à Paris pour négocier un contrat d’achat de sous-marins afin que le gouvernement vietnamien puisse intervenir dans les eaux territoriales revendiquées par la Chine. Le père négocie, la mère et la fille visitent Paris. Mais celle-ci échappe à la garde rapprochée de la famille et disparait. Tout s’enchaîne alors sur un rythme d’enfer. Mais l’occasion aussi pour nous, de découvrir les dessous et l’histoire du régime communiste vietnamien, un des derniers à parti unique.
Le second récit, L’impératrice rouge a pour héros Ly, fils d’un père Hmong [note] qui en son temps, avait combattu les communistes du Pathet Lao [note] . Et c’est précisément à cause de ces origines que Ly a été engagé comme membre contractuel de la DGSE [note] et envoyé en mission dans le triangle d’or. Il doit enquêter sous un faux nom, sur le trafic d’une nouvelle drogue synthétique qui remplace l’héroïne et fait des ravages dans le monde entier. Il semblerait que la chef d’orchestre du réseau de cette drogue soit une certaine « impératrice rouge » qui sévit dans le nord de la Thaïlande. Mission à haut risque qui n’a pas finie de nous faire suer à grosses gouttes. Là encore, une belle occasion de découvrir Bangkok, « ville de toutes les corruptions » dans une Thaïlande aux traditions culturelles encore bien vivantes.
Le dernier récit, Le royaume de Nina est d’un tout autre ordre. Les personnalités de ses héros sont plus creusés. Le héros, Martin Decoud, est un bel homme qui vit dans le Montmartre mythique. « Volage pour raisons professionnelles » puisque lui aussi est un agent de la DGSE, recruté par cette dernière pour avoir déjà mené à bien une mission pour libérer des occidentaux pris en otage par les Khmers rouges. Il est envoyé cette fois-ci à Bangkok afin d’essayer de débrouiller une situation particulièrement délicate au niveau diplomatique. La compagnie pétrolière Total vient de conclure un accord avec la Birmanie (Myanmar) qui déstabilise toute la région. Outre une histoire policière de premier ordre où se croisent asiatiques, réfugiés, Américains, Européens et ONG, contre toute attente recouvre une magnifique histoire pleine d’humanité. Qui se termine comme un beau conte philosophique oriental !

Patrick Schindler, individuel FA
PAR : Patrick Schindler
Individuel FA
SES ARTICLES RÉCENTS :
En avril, le rat noir ne se découvre pas d’un livre.
Encore un peu du rat noir pour mars
Le rat noir de mars
Vite, le rat noir avant que mars attaque...
Février de cette année-là, avec le rat noir.
Une fin de janvier pour le rat noir
deux mille 22 v’là le rat noir
Le Rat Noir de décembre...
Un rat noir de fin novembre...
Début novembre, le rat noir est là
Octobre, nouveau message du rat noir
revoilà le rat en octobre
Le message du rat noir, fin septembre
La rentrée du rat noir
La fin août du rat noir
Mi-août, voilà le rat noir !
Le rat noir, du temps de Jules au temps d’Auguste
Le rat, à l’ombre des livres
Interview de Barbara Pascarel
Le rat noir, fin juin, toujours le museau dans les livres
Un bon juin, de bons livres, voilà le rat
On est encore en mai, le rat lit encore ce qui lui plait
En mai le rat lit ce qui lui plait
Fin avril, le rat noir s’est découvert au fil de la lecture
Un rat noir, mi-avril
Une nouvelle Casse-rôle sur le feu !
Qu’est Exarcheia devenue ?
V’là printemps et le rat noir en direct d’Athènes
Le rat noir de la librairie. Mois de mars ou mois d’arès ? Ni dieu ni maître nom de Zeus !!!
Librairie athénienne. un message du rat noir
Le rat noir de la librairie athénienne. Février de cette année-là.
Le rat noir d’Athènes mi-janvier 2021
Le rat noir de la bibliothèque nous offre un peu de poésie pour fêter l’année nouvelle...
Volage, le rat noir de la bibliothèque change d’herbage
Octobre... Tiens, le rat noir de la bibliothèque est de retour...
Le rat noir de la bibliothèque pense à nous avant de grandes vacances...
Maurice Rajsfus, une discrétion de pâquerette dans une peau de militant acharné
Juin copieux pour le rat noir de la bibliothèque.
Juin et le rat noir de la bibliothèque
Mai : Le rat noir de la bibliothèque
Séropositif.ves ou non : Attention, une épidémie peut en cacher une autre !
Mai bientôt là, le rat de la bibliothèque lira ce qui lui plaira
Toujours confiné, le rat de la bibliothèque a dévoré
Début de printemps, le rat noir de la bibliothèque a grignoté...
Ancien article Des « PD-anars » contre la normalisation gay !
mars, le rat noir de la bibliothèque est de retour
Janvier, voilà le rat noir de la bibliothèque...
Vert/Brun : un "Drôle de couple" en Autriche !
Ancien article : Stéphane S., le poète-philosophe libertaire au « Sang Graal »
Algérie : l’abstention comme arme contre le pouvoir
Décembre 2019 : Le rat noir de la bibliothèque
1er décembre, journée mondiale contre le sida : les jeunes de moins en moins sensibilisés sur la contamination
A Paris, bientôt de la police, partout, partout !
Les Bonnes de Jean Genet vues par Robyn Orlin
N° 1 du rat noir de la bibliothèque
En octobre et novembre le ML avait reçu, le ML avait aimé
Razzia sur la culture en Turquie
Ces GJ isolés qui en veulent aux homos !
Service national universel pour les jeunes : attention, danger !
Vers l’acceptation de la diversité des familles dans la loi ?
Une petite info venue de Grèce
Le philosophe à l’épreuve des faits
La Madeleine Proust, Une vie (deuxième tome : Ma drôle de guerre, 1939-1940)
Loi sur la pénalisation des clients : billet d’humeur
Les anarchistes, toujours contre le mur !
Le Berry aux enchères
Réagir à cet article
Écrire un commentaire ...
Poster le commentaire
Annuler